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Noix de cajou : ce que le record d’exportation de la Côte d’Ivoire dit de la révolution du secteur

« Aujourd’hui, c’est l’usine Robust qui nous accueille. Demain, ce sera encore d’autres usines », se félicitait le Premier ministre ivoirien, Robert Beugré Mambé, lors de l’inauguration d’une unité de transformation d’anacarde à Toumodi, près de Yamoussoukro, où se situe le plus gros complexe industriel du secteur dont la gestion est assurée par groupe indien […]

« Aujourd’hui, c’est l’usine Robust qui nous accueille. Demain, ce sera encore d’autres usines », se félicitait le Premier ministre ivoirien, Robert Beugré Mambé, lors de l’inauguration d’une unité de transformation d’anacarde à Toumodi, près de Yamoussoukro, où se situe le plus gros complexe industriel du secteur dont la gestion est assurée par groupe indien Dorado Ivory.

Si Abidjan espère accroître dans le futur ses capacités de production dans le secteur, les progrès réalisés ces dernières années sont d’ores et déjà plus que notables. Au point que le volume d’exportation d’amandes de cajou a augmenté de 52 %, pour atteindre 72 000 tonnes en 2024, selon les dernières données de la direction des douanes sur le commerce extérieur.

Capacité de transformation multipliée par 100

La tendance est plus impressionnante encore si l’on étend l’échelle de temps. « C’est simple : en dix ans, les capacités de transformation ont été multipliées par 100 », résume Pierre Ricau, économiste au sein de Nitidae, une ONG qui intervient dans plusieurs pays du continent en soutien au développement de filières agricoles.

Si les investissements dans les infrastructures ont beaucoup compté, la stratégie d’Abidjan ne se résume pas à la seule multiplication des usines de transformation : la décision des autorités d’interdire l’exportation de noix brutes pendant deux mois au cours de cette année 2025 a également beaucoup compté.

« En prenant cette décision, le gouvernement a permis aux usines de faire le plein. Et comme il y a eu de bons niveaux de production lors de cette campagne, la Côte d’Ivoire devrait transformer localement plus de 650 000 tonnes de noix de cajou », estime Pierre Ricau.

Pourtant, malgré le boom observé en Côte d’Ivoire sur les volumes de production, de transformation – et, mécaniquement, d’exportations – , « d’autres pays ont capitalisé sur la transformation », rappelle cette semaine Aurélie M’Bida, rédactrice en chef Économie de Jeune Afrique, au micro de TV5 Monde.

L’Asie, poids lourds du marché mondial

Si l’Inde reste le premier consommateur de noix de cajou ivoirienne, le Vietnam représente quant à lui le plus gros acheteur de noix de cajou brutes ivoiriennes, le pays ayant lui-même investi dans la transformation.

« Le Vietnam est aussi un important hub vers les autres marchés asiatiques », rappelle l’économiste Pierre Ricau, qui pointe un autre acteur émergeant, qui pourrait concurrencer la Côte d’Ivoire dans les années à venir : le Cambodge.

L’essor du secteur ivoirien de l’anacarde est aussi le signe d’un rééquilibrage des relations commerciales entre la Chine et l’Afrique : Pékin est en effet devenu le deuxième consommateur mondial de noix de cajou, dépassant les États-Unis.

Et Pierre Ricau de résumer : « Pendant longtemps, la Côte d’Ivoire exportait de la matière première pour être transformée en Asie. Aujourd’hui, elle exporte des produits transformés qui seront consommés en Asie. C’est un changement de paradigme. L’Asie n’est plus seulement un pôle de transformation, c’est désormais un pôle de consommation. »

Source: Jeune Afrique

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