Le républicain prétend, sans en apporter la preuve, que l’administration Biden se servait de la machine à signer pour reproduire la signature de Joe Biden et faire adopter des décrets illégalement.
Trump a annoncé ce vendredi, sur son réseau Truth Social, l’annulation de la quasi-totalité des décrets signés par son prédécesseur, Joe Biden. « Tout document signé par “Joe l’Endormi” à l’aide de la machine à signer, soit environ 92 % d’entre eux, est, par la présente, annulé et n’a plus aucune force ni aucun effet », a-t-il affirmé au monde sans que l’on sache s’il en a juridiquement le droit.
La machine à signer, appelée autopen (« stylo automatique », en français), permet de reproduire une signature préalablement enregistrée, ce qui se révèle pratique pour signer des documents à distance, comme des lettres officielles, des remerciements, des autographes ou, comme ici, des décrets.
Si Harry S. Truman est considéré comme le premier chef d’État américain (1945-1953) à l’avoir régulièrement utilisée, le troisième président des États-Unis (1801-1809), Thomas Jefferson, utilisait déjà un polygraphe pour reproduire sa signature. L’histoire raconte que plus tard, dans les années 1950, le président Dwight D. Eisenhower (1953-1961) se servait de l’autopen à la Maison-Blanche. Et c’est ainsi que, en 2025, nous voilà face à la théorie complotiste de l’autopen.
Des accusations infondées
Car Donald Trump prétend depuis longtemps, sans preuve, que l’administration précédente se servait de cette technologie pour signer des décrets à la place de Joe Biden, de façon à masquer son déclin cognitif – lui qui est à peine plus âgé que Donald Trump – et usurper son pouvoir pour diriger le pays.
« Les fous de la gauche radicale qui encerclaient Biden […] dans le Bureau ovale lui ont retiré la présidence », a dénoncé Donald Trump, assurant que « les personnes qui ont utilisé la machine à signer l’ont fait illégalement ». « Joe Biden n’a pas été impliqué dans le processus de la machine à signer et, s’il dit qu’il l’a été, il sera poursuivi pour parjure », a-t-il menacé.
Déjà au fait de ces accusations, le principal intéressé, aujourd’hui âgé de 83 ans, les avait qualifiées de « ridicules et fausses ».
Comme le souligne CNN, le bureau du conseiller juridique du ministère de la Justice avait examiné en 2005, sous le mandat de George W. Bush, la légalité de l’utilisation de la machine à signer par un chef d’État et avait conclu que « le président n’est pas tenu d’apposer physiquement sa signature sur un projet de loi pour le signer au sens de l’article I, section 7 ».
Selon la base de données universitaire The American Presidency Project, qui collecte les documents officiels produits par les présidents, Joe Biden aurait signé 162 décrets durant son mandat. Or comme le précisent plusieurs médias, dont CBS News, « on ignore combien d’entre eux ont été signés automatiquement ».
Source : Le Point.fr

