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Interview/ Issouf Traoré (Candidat non retenu par le Rhdp) : « C’est un complot ourdi contre moi depuis des années »

Suite à l’explication du processus de désignation des candidats Rhdp donnée par le secrétaire exécutif Cissé Bacongo le samedi 6 décembre 2025 à Abobo lors de la fête pour la victoire d’Alassane Ouattara à la présidentielle du 25 octobre, le député de Bako, Bougousso et Dioulatiédougou communes et sous-préfectures Issouf Traoré, président de la Commission […]

Suite à l’explication du processus de désignation des candidats Rhdp donnée par le secrétaire exécutif Cissé Bacongo le samedi 6 décembre 2025 à Abobo lors de la fête pour la victoire d’Alassane Ouattara à la présidentielle du 25 octobre, le député de Bako, Bougousso et Dioulatiédougou communes et sous-préfectures Issouf Traoré, président de la Commission des affaires économiques et financières à l’Assemblée nationale nous a accordé l’interview qui suit pour dire sa part de vérité sur ce qu’il qualifie de « complot » l’ayant empêché d’être reconduit à l’instar des députés sortants de son parti.

Honorable Issouf Traoré, vous étiez le candidat du Rdr en 2011 et 2016 puis du Rhdp en 2021. Qu’est-ce qui n’a pas marché pour que vous alliez en indépendant en 2025 dans votre circonscription électorale de Bako?

J’ai été effectivement candidat du Rdr en 2011 et 2016 puis du Rhdp en 2021. Mais toutes ces candidatures n’ont pas suscité un plébiscite autour puisque j’ai toujours eu à faire face à plusieurs indépendants issus du Rdr et non des moindres malgré le fait que le choix du parti s’était porté sur moi et tout cela peut être vérifié à travers les archives de la Commission électorale indépendante (Cei). A la fin, je les ai toujours battus avec soit 70 soit 80% des voix. Tout cela est aussi vérifiable.

Que dit la direction de votre parti, le Rhdp, pour justifier sa décision de ne pas vous choisir comme candidat alors que d’autres anciens ont été maintenus ?

Le 5 ou le 6 novembre 2025 aux environs de 20 heures, j’ai été appelé par mon parti pour m’entendre dire que j’avais été choisi comme candidat dans ma circonscription électorale et que je pouvais apprêter mes dossiers de candidature.  Grande a été ma surprise d’apprendre que la dernière liste qu’on m’annonçait après 2 heures du matin ne portait plus mon nom. Puisqu’on me confie qu’à la dernière minute, des informations seraient parvenus au parti selon lesquelles j’étais en perte de vitesse et que les populations me rejetaient. Ce qui est pourtant archi-faux. Une image avait circulé sur les réseaux sociaux, faisant croire que j’avais été hué par les populations. La vérité est que des cadres de chez nous m’avaient fait confiance en me demandant d’intervenir dans le processus de limitation entre deux sous-préfectures. Celle de Bako et celle de Bougousso. Il fallait une limitation administrative entre les deux sous-préfectures et accord avait été trouvé sur le positionnement de la pancarte. Les cadres ont donc sollicité mon intervention pour que je puisse assister à la signature de cet accord de positionnement. L’accord a donc été signé. J’ai alors demandé qu’avant d’aller physiquement poser la limite, il fallait encore aller expliquer aux parents le bien-fondé de cette séparation entre les deux sous-préfectures. Parce que les parents comprendraient mal qu’il y ait des limites entre les deux alors qu’il y avait des problèmes de fonciers ruraux. Mais la formation d’une délégation autour de laquelle nous nous étions entendus pour aller rencontrer les populations et procéder à la limitation tardait à venir. En tant que député élu et accepté de tous, ces cadres-là ont décidé que je m’en charge en leur nom. Je suis donc parti sans oublier qu’il fallait tout de même un entretien avec les villageois. Au moment d’aller pour la limitation, je suis passé à Korodougou qui avait un différend de titre foncier avec Féréfoula. Ceux qui étaient ce jour-là à Korodougou m’ont dit que presque tout le monde était dans les champs et que je pouvais aller poser les limites. Je suis allé le faire en présence du chef de canton de Bougousso et des représentants des différentes parties. Quand j’ai planté la pancarte et que j’ai donné dos, les populations de Korodougou se sont opposées et sont venus l’arracher et la jeter. La nuit, lorsque l’information m’est parvenue, je suis allé les voir le lendemain pour en savoir davantage sur les raisons de leur agissement. Ceux que j’ai trouvés m’ont expliqué qu’ils avaient des plantations de l’autre côté et que cette limite les dépossédait de leurs terres. Je les ai rassurés que cela n’avait rien à voir avec leurs propriétés même si celles-ci se trouvaient de l’autre côté. Non sans leur reprocher le fait de ne m’avoir pas saisi en tant que leur élu puisque j’ai toujours été à leur écoute. Mais apparemment, ils n’avaient pas d’oreilles pour m’entendre malgré ma bonne foi. Et comme j’avais été mandaté par les cadres, les chefs de canton, j’ai décidé avec mon équipe de rebrousser chemin et revenir avec une délégation pour plus d’explications. Pendant qu’on s’apprêtait à partir, les populations nous ont hués, manipulées par un fils de leur village. Et, ce dernier a même demandé qu’on lapide mon véhicule avec des pierres. Le gendarme qui était avec moi et qui suivait la scène m’a demandé d’entrer dans la voiture pour qu’on y aille. Sa présence a dissuadé les jeunes gens qui voulaient nous lancer des pierres. Ils n’ont pu que se contenter de nous huer. C’est cette vidéo de ce seul village-là (Ndlr ; Korodougou) datant de trois ans aujourd’hui qui fait croire que je suis mal aimé des populations. Mais je connais la psychologie de nos gens. Puisque le lendemain matin, ces mêmes populations sont venues chez moi me présenter leurs excuses que j’ai acceptées puisque nous sommes des alliés. Je suis reparti vers mes mandataires, les cadres notamment qui ont voulu que nous allions voir l’instigateur en question pour le confronter mais j’ai estimé que ça n’en valait pas la peine puisque je considère qu’il est dans une logique d’adversité avec moi et je m’en suis lavé les mains.  

C’est un complot ourdi contre moi qui ne date pas de maintenant. Mais qu’ils se le tiennent pour dit. Je suis toujours resté collé à mes parents jusqu’à ce que je tombe malade durant deux bonnes années. Nos parents ne sont pas amnésiques. Ils savent ce que j’ai fait quand j’étais le vice-président du conseil régional du Kabadougou puis Directeur général de la Sonatt et même aujourd’hui encore député.  

En tant que candidat indépendant, si vous sortez vainqueur de ces élections du 27 décembre prochain, que feriez-vous ? Donner votre victoire au Rhdp comme on le voit souvent ?

Le Rhdp est mon parti. J’ai toujours œuvré toute ma vie pour le rayonnement de ce parti-là dans ma circonscription électorale. Où veut-on que j’aille me balader à la fin de ma vie ? Je suis et demeure militant de ce parti, je mourrai militant du Rhdp. Je suis un alassaniste à 100% et j’admire le parcours du président Alassane Ouattara et tout ce qu’il a fait et continue de faire pour ce pays. Aucune vie politique n’est aisée. J’accepte mon destin et cela ne me déroutera pas de ma voie qui est de rester militant de mon parti, le Rhdp. Même si après ma réélection le 27 décembre prochain, le parti refuse de recevoir ma victoire, je n’irai nulle part, je resterai toujours militant, au service du Rhdp quitte à travailler dans l’ombre.

Lors des trois mandatures précédentes, vous êtes allé sous la bannière de votre parti. Avec l’ancrage du Rhdp dans votre zone, croyez-vous avoir des chances de succès cette année en indépendant ?

Pendant mes trois mandatures, mes parents ont su ce que j’ai fait, ils savent ce que j’ai subi, ils savent aussi les torts que des personnes m’ont fait et ils m’appellent de partout. Vous verrez que le 27 décembre, ce ne sera pas une surprise et je promets que je gagnerai à plus de 60% des voix grâce à Dieu.

Quels sont selon vous, vos atouts pour espérer obtenir un 4e mandat à l’Assemblée nationale ?

Comme atouts, je vous l’ai dit, j’ai aidé nos enfants à trouver du travail, j’ai aidé des personnes à aller à la Mecque, j’ai toujours été là auprès d’eux pour expliquer le bien-fondé du travail fait par le président. Malgré mon absence de deux ans pour raison de santé, ils ont été compatissants à mon égard et ont été très heureux de me revoir pendant la campagne électorale pour le récente présidentielle d’octobre 2025 où j’étais le directeur de campagne du président Alassane Ouattara dans la sous-préfecture de Bako. Et je n’ai bénéficié aucunement du soutien d’aucun cadre. A l’issue de l’élection présidentielle, j’ai eu le plus gros score, en termes de voix pour notre candidat mais également de taux de participation qui est souvent très faible comme je me souviens pour les élections qui ont suivi la présidentielle de 2020. Mais ici à Bako, grâce à ma notoriété, nous nous en sommes sortis avec les 80% de taux de participation aux différentes élections. Moi, sans bénéficier du soutien financier et moral des cadres – hormis de moins nantis qui sont venus marquer leur présence à mes côtés avant de repartir voter dans leurs circonscriptions électorales respectives – j’ai toujours fait le travail avec ardeur.

Mes parents savent que je suis un élément incontournable pour le compte de notre parti. Et ils le démontreront une fois de plus. Ils vont encore me plébisciter le 27 décembre prochain même en tant qu’indépendant. Les populations savent que j’ai été proche d’eux pendant une quinzaine d’années, ce ne sont pas ces deux années de maladie qui ont causé mon absence qui les rendront amnésiques.

Réalisée par Ouattara Abdoul Karim

Illustration : Ph. Issouf Traoré

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