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Dossier/ Elections/ Législatives, sénatoriales, municipales, régionales: Candidats, comment se faire élire et réélire

La campagne électorale pour les législatives ivoiriennes du 27 décembre 2025 débutera le vendredi 19 décembre 2025. Mais déjà, dans le cadre de la pré-campagne, les candidats sont sur le terrain. Avant l’heure. Qui pour tenter de se faire élire, qui pour espérer se faire réélire. C’est un secret de polichinelle. Remporter des élections dans […]

La campagne électorale pour les législatives ivoiriennes du 27 décembre 2025 débutera le vendredi 19 décembre 2025. Mais déjà, dans le cadre de la pré-campagne, les candidats sont sur le terrain. Avant l’heure. Qui pour tenter de se faire élire, qui pour espérer se faire réélire.

C’est un secret de polichinelle. Remporter des élections dans une circonscription électorale donnée n’est pas toujours chose aisée. Plusieurs paramètres entrent en ligne de compte, pouvant favoriser l’élection ou la réélection d’un candidat.

Dans de nombreux pays africains dont la Côte d’Ivoire, l’on a tendance à croire qu’élection rime avec argent, véhicules de marque, campagnes grandioses, en somme bombance. Objectif, attirer les électeurs et taper dans l’œil du citoyen lambda.

Candidat aux législatives, aux sénatoriales, aux municipales ou aux conseils régionaux, les moyens financiers, la personnalité, le rang social peuvent-ils être à eux-seuls, des solutions pour se faire élire ou réélire ?

Ils sont nombreux, les prétendants à des postes électifs qui arrivent devant les électeurs avec beaucoup de promesses. Souvent financièrement nantis, ils font croire aux populations qu’ils seront toujours là à leurs côtés pour apporter le soutien et le développement nécessaires à leur bien-être. Celles-ci, impressionnées par le boucan orchestré par ces candidats, succombent aux professions de foi et n’hésitent pas à leur donner leurs suffrages. Mais, une fois élus, certains d’entre eux ont du mal à respecter la parole donnée. Ils disparaissent purement et simplement pour certains, quand d’autres font quelques apparitions sans véritablement répondre aux attentes de leurs mandants.  

Si le rôle des élus consiste notamment pour les maires et présidents de conseils régionaux à apporter le développement et le mieux-être aux populations qui les ont choisis, il n’en demeure pas moins qu’un facteur, et non des moindres, reste capital dans les relations entre ces deux entités. Il s’agit simplement de la proximité avec les populations. Une proximité qui permet d’être au fait des difficultés que celles-ci rencontrent et ainsi, de tenter d’en trouver des solutions. Car, sans être proche de ses électeurs, comment un élu peut-il être suffisamment informé des réalités et des préoccupations des populations ?

La place de l’argent dans les élections

Il est clair qu’on a beau être fortuné, aucun élu ne peut offrir des espèces sonnantes et trébuchantes à toute la population. Mais, lorsque le député, le sénateur, le maire ou le président du conseil régional trouve quelques fois un temps pour être proche des siens, le lien se renforce et la confiance s’établit. L’élu peut jouir de la loyauté et de la sincérité du peuple et bénéficier alors d’un, de deux, de trois mandats ou plus. Comme quoi, la proximité peut aussi être payante.

La preuve, pour avoir été proche de sa population, le pharmacien Koné Tiessibiri a été choisi par la population pour être le député de Madinani dans le district du Denguélé en décembre 2011. « Je suis pharmacien, installé à Man. Mais depuis la crise du 19 septembre 2002, j’ai tout perdu. Ce sont les populations qui sont venues me prendre par la main alors que je broyais du noir, me demandant d’être leur candidat contre celui du Rassemblement des Républicains (Rdr) du nouveau président élu, Alassane Ouattara. Je leur ai répondu que je n’avais rien à leur offrir comme argent. Ils m’ont simplement retorqué qu’ils n’attendaient rien de moi et ils m’ont vraiment élu député », nous expliquait avec stupéfaction ce dernier, après son élection en 2011. Pour les législatives de 2016, Koné Tiessibiri a été choisi par le Rdr et a encore bénéficié des suffrages des populations de Fengolo, Madinani et N’goloblasso, communes et sous-préfectures. 

Ainsi, ils sont nombreux ces élus qui constituent un motif de satisfaction pour leurs populations respectives qui ne regrettent pas de les avoir votés. Ceux-là ont la chance d’être élus et réélus.

Par contre, d’autres finissent par décevoir leurs mandants. Un mandat suffit. Le peuple n’hésite donc pas à retirer la confiance placée en eux et à engager une nouvelle aventure avec un autre candidat, venu faire de belles propositions.

Ouattara Abdoul Karim

Dr Barry Abdouramane (Sociologue) : « L’argent est un élément important dans une élection … »

Quels rapports devrait-il exister, selon vous, entre les candidats et les populations dont ils sollicitent les voix pendant les élections ?

Un rapport de confiance et d’affinité. Je vote quelqu’un parce qu’il me plaît peut-être par proximité ethnique, peut-être aussi par son physique. Parce que les critères de vote sont globalement subjectifs. Il est rare de voir des gens qui votent pour un programme. La majorité des personnes vote pour des raisons subjectives. Proximité ethnique, proximité religieuse, proximité familiale, amicale, etc. En général, entre candidats ou élus et électeurs, des rapports de confiance existent. Mais au-delà du rapport de confiance, c’est le rapport de proximité qui apparaît le plus. Il y a un attachement personnel, il y a une affection qui naît entre X et Y parce que comme le disait Raymond Aron (Ndlr ; philosophe français), le vote ou le choix en politique, ce n’est pas le choix entre le mauvais et le bon, mais plutôt le préférable et le détestable. Donc, rapport de proximité, rapport de confiance mutuelle et surtout rapport d’affection.

L’argent peut-il être un élément important dans l’élection ou non d’un candidat ?

L’argent, effectivement sous nos tropiques est un élément important dans une élection. Pour les candidats et les électeurs, quoiqu’on dise, le facteur argent compte pour beaucoup. L’organisation de tournois de foot, l’organisation de funérailles, d’anniversaires, de rassemblement de jeunesses, bref, l’argent est au cœur de tout. On peut l’utiliser sous divers aspects de la vie en communauté. Comme je l’ai dit, au plan social, ludique, sportif, l’argent est l’acteur clé. Il est très important surtout pour des élections locales. Les candidats qui n’hésitent pas à mettre la main à la poche sont ceux qui, la plupart du temps, se font élire. A quelques exceptions près.

Que faut-il alors à des candidats ou élus pour fidéliser des électeurs ou maintenir la confiance qui existe entre eux ?

La fidélisation des électeurs pour un élu repose sur plusieurs fondements. Il y a le vecteur argent cité plus haut. Mais au-delà du vecteur argent, il y a le vecteur affinité, il y a le vecteur proximité. Je contribue à l’épanouissement des groupements sociaux, je veux parler par exemple des mutuelles. Je suis celui qui parraine, qui finance les mutuelles, je suis aux réunions, je participe à tout ce qui est activités sociales, baptêmes, mariages, funérailles en dehors du cadre électoral. Ce comportement peut permettre de fidéliser les électeurs.  Il y a des candidats qui ne sont pas forcément obligés de dépenser de l’argent pendant les élections. Vu qu’ils avaient déjà construit leur capital politique ultérieurement en vivant au quotidien avec les électeurs ou à proximité d’eux, en participant à toutes les activités qui les concernent, venir jouer au foot par exemple est un indicateur, assister aux réunions de familles, de mutuelles, de coopératives, d’associations. Tous ces paramètres peuvent permettre de fidéliser les électeurs.

L’argent en politique ou dans les élections, est-ce un phénomène propre à la Côte d’Ivoire ?

Non, l’argent et la politique, ce n’est pas seulement en Côte d’Ivoire. Aux USA par exemple, c’est le modèle de démocratie même par excellence par l’argent. On a le cas Donald Trump qui a été financé à hauteur de 150 millions de dollars US par Miriam, l’épouse du milliardaire Sheldon Adelson et de beaucoup d’autres financiers. L’argent est donc au cœur même des compétitions électorales et de la vie politique. Vous n’avez pas d’argent, vous ne pouvez pas faire de politique. Ce n’est pas possible. Parce que la communication coûte cher, la viabilisation de votre programme relève d’une communication bien orchestrée, il vous faut souvent des sondages, il vous faut entretenir vos représentants locaux, etc. Bref, dans tous les pays du monde, l’argent est au cœur des luttes politiques. La seule différence est que dans certains pays, l’utilisation de cet argent est réglementée. Il y a un plafond à ne pas dépasser. En France par exemple, vous ne pouvez pas dépenser de l’argent dans vos activités politiques sans que les institutions compétentes n’aient un regard là-dessus parce que tout est suivi de près. Il est vrai qu’en Afrique, il y a moins de contrôle mais dans les pays occidentaux, dans les grandes démocraties, tout est réglementé. Donc, l’argent en politique n’est pas propre à la Côte d’Ivoire ou à l’Afrique. Tous les pays du monde en sont concernés, à des degrés différents.

Entretien réalisé par O.A.K        

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