La fin d’année 2025 s’annonce avec plusieurs défis sécuritaires à relever. Les forces de l’ordre auront à faire face à la sécurisation de la campagne électorale du 19 au 25 décembre, des votes du 27 décembre, des fêtes de fin d’année (24 et 25 décembre puis 31 décembre et 1er janvier 2026) et enfin de la coupe d’Afrique des Nations (Can) et les deux premiers matches importants des Eléphants les 24 et 31 décembre 2025.
Les années antérieures, sur toute l’étendue du territoire national, une opération spéciale de sécurisation des fêtes de fin d’année était engagée pour permettre aux populations de passer dans la sérénité ces moments de joie. Le challenge était déjà grand.
Mais, cette année, il est encore plus grand et multiforme. A preuve, le vendredi 19 décembre débute la campagne électorale pour les législatives prévues le 27 du même mois. Durant une semaine, le pays sera en mouvement avec des rassemblements ici et là jusqu’au jour du vote. Cette situation coïncide avec les fêtes de fin d’année et les célébrations qui vont avec. De façon générale, le 24 décembre, veille de la Noël, voit les fidèles chrétiens se rassembler dans les lieux de culte pour leur adoration. A côté de l’aspect religieux, la fête de la nativité suscite chez d’autres, une célébration festive dans des maquis et endroits chauds de toutes les contrées du pays. Idem pour le 31 décembre, veille du nouvel an, où la ferveur est encore plus grande. Cette année, en plus de la campagne électorale et des votes qui se déroulent au même moment que les fêtes, vient se greffer la Can dont la 35 édition se tient au Maroc. Certes, ce n’est pas la Côte d’Ivoire qui l’organise une fois de plus mais les Eléphants, l’équipe nationale du pays, y participent. Et mieux, c’est l’équipe à abattre pour avoir été le vainqueur de la dernière édition qui s’était déroulée chez elle. Comme par hasard, les deux premières apparitions des pachydermes ivoiriens au Maroc contre le Mozambique et le Cameroun sont respectivement prévues pour les 24 et 31 décembre qui coïncident avec des moments de gaieté et d’allégresse partout dans le pays. Et une question essentielle se pose. Comment les forces de l’ordre feront-elles face à quatre évènements presque simultanés ? La gestion sécuritaire de la campagne électorale puis des votes, des fêtes de fin d’année et les mouvements de joie accompagnés de parades à moto et en voiture qui peuvent avoir cours en cas de victoire des Eléphants le 24 et le 31 décembre (deux nuits généralement chaudes) constitue à n’en point douter, un casse-tête chinois pour les autorités en charge de la sécurité nationale.
Faillite… mais dorénavant…
Il est certain que la Commission électorale (Cei) n’y a pas songé. Si l’institution en charge des élections y avait pensé plus tôt, elle se serait arrangée à organiser les votes le 13 ou le 20 décembre, retirant ainsi une épine au pied des sécurocrates. Il leur resterait la sécurisation des fêtes de fin d’année et les effets collatéraux de la Can. Car, si en interne, il est facile d’aménager nos calendriers pour trouver des dates propices à nos élections, ce n’est pas le cas pour la Confédération africaine de football (Caf) dont les dates ne sont très souvent pas négociables et pour les fêtes de fin d’année qui s’imposent à tous.
Pour une seule tâche que nos forces de l’ordre accomplissaient par le passé en décembre, cette année, elles en ont quatre. Les élections et la Can s’étant invitées dans leur agenda sécuritaire.
Quoiqu’il en soit, la tâche ne devrait pas être facile pour nos agents même si elle n’est pas impossible. Mais avec les moyens dont elles disposent grâce à la bienveillance du président de la République Alassane Ouattara et du gouvernement, il est certain que les forces destinées au maintien de l’ordre sauront se surpasser pour trouver la solution à cette équation.
A l’avenir, il faudra anticiper en tenant compte de l’avis de l’appareil sécuritaire avant d’arrêter des dates qui risqueraient de nous jouer de sales tours.
Ouattara Abdoul Karim

