Le duel fraternel entre les deux voisins ivoirien et burkinabè en vue d’une place qualificative pour les quarts de finale de la 35e édition de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) promet des étincelles. Mais, dans les deux pays, l’atmosphère est bon enfant et le ton plutôt calme pour un derby.
« Il y aura de l’étincelle. Mais, nous sommes venus au Maroc pour remporter la CAN. Et pour être champion, il faut battre le champion. Nous avons l’effectif qu’il faut pour gagner ce match ». Ce sont les propos de Brama Traoré, l’entraîneur des Etalons du Burkina, tenus à la conférence de presse d’avant match. Et le coach, d’indiquer que son équipe se donnera les moyens de battre le champion (Ndlr ; la Côte d’Ivoire, championne d’Afrique en titre). Si le Burkinabè est confiant et entrevoit la victoire pour son pays, le sélectionneur ivoirien est plutôt prudent. Pour Emerse Faé, c’est la réalité du terrain qui départagera les deux formations. « Les statistiques, c’est avant le match. Mais, à partir du moment où le match commence, on oublie tous les résultats du passé et on est préoccupé par le match », réagit l’entraîneur des Eléphants.
En Côte d’Ivoire où réside un grand nombre de Burkinabè, les propos diffèrent d’un supporter à l’autre. Dans les rues, on peut rencontrer des ressortissants de ce pays frère qui annoncent déjà les couleurs, habillés aux couleurs des Etalons. Pour certains, bien que craintifs, la qualification pour les quarts de finale est possible pour la simple raison que désormais, l’équipe burkinabè regorge comme celle de la Côte d’Ivoire, d’individualités de renom. D’autres, par contre, refusent de se prononcer. Ces derniers estiment que la Côte d’Ivoire a une équipe technique et expérimentée qui peut à tout moment créer quelque chose. Pour ceux-là, il faut faire attention même si tout est possible.
Mais, il faut attendre la fin du match où le ton pourrait être moins humble et empreint de moqueries de part et d’autre.
Au Consulat général du Burkina Faso à Bouaké, le ton est complètement différent. Loin des considérations partisanes, des jugements et analyses sportives mesurés, ici, le discours est plutôt diplomatique. « C’est un match qui va se dérouler entre deux pays frères. Victoire de l’un ou de l’autre, l’essentiel est que ce sont nos deux peuples qui gagnent », explique-t-on à la représentation des Burkinabè dans la capitale du centre. Le Consul adjoint, Miyiéba Oumarou Tankoano et le vice-consul Tankoano Cyrille que nous avons rencontrés ce lundi, veille de cette opposition entre Eléphants et Etalons, pour les matches précédents qui se disputaient en journée, les Burkinabè se retrouvaient au sein du Consulat pour suivre les prestations de leur équipe. « Mais quand le match se déroule la nuit (NDLR ; 19 heures) comme ce sera le cas contre la Côte d’Ivoire, mardi, tous les commerçants qui sont dans les marchés autour du Consulat vont regagner leurs différents domiciles et là, on est obligé de fermer puisqu’ici, le travail s’arrête à 16 heures », clarifie Tankoano Cyrille. Le vice-consul qui croit fermement que tout se passera bien pour ce derby entre Côte d’Ivoire et Burkina Faso, deux pays frères, liés par l’histoire mais également par la géographie. La preuve, plusieurs joueurs, au moins sept (7) d’entre eux, natifs ou originaires de Côte d’Ivoire, vont défendre les couleurs du Burkina Faso face au pays qui les a vus naître.
Ouattara Abdoul Karim

