Face à la grogne des producteurs de cacao devant des quantités de produits invendus, le gouvernement a pris des mesures rigoureuses pour juguler la crise qui couvait. Kobénan Kouassi Adjoumani, le ministre d’Etat, en charge de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, au cours d’une conférence de presse tenue le mardi 20 janvier 2025 à son cabinet, les a annoncées, promettant la fin de la crise.
L’Etat n’a pas mis du temps à prendre des mesures concrètes comme sait le faire le chef de l’Etat, pour mettre fin à la mini-crise qui secouait la filière cacao depuis quelques temps. Ce mardi, au cours de sa conférence de presse, le ministre Adjoumani a clarifié la situation tout en présentant les dispositions et mesures prises par le gouvernement qui devraient immédiatement être mises en œuvre, en vue de « régler totalement et définitivement le problème ».
Le conférencier a évoqué la chute à l’international des prix du cacao de 30% depuis septembre 2025 mais aussi et surtout certaines contraintes logistiques et portuaires qui ont provoqué, par endroits, des ralentissements temporaires dans l’enlèvement et la commercialisation. Sans oublier la fuite du cacao des pays limitrophes vers la Côte d’Ivoire, en raison de l’infériorité des prix bord-champ pratiqués dans ces Etats, contrairement aux autorités ivoiriennes qui le maintiennent à 2800 FCFA/kg sur toute la campagne principale qui s’achèvera le 31 mars 2026.
« Face à cette situation, le gouvernement a agi avec responsabilité, en renforçant son dispositif de surveillance aux frontières et a mis en place un plan d’enlèvement des surplus », a annoncé le ministre qui promet que les enlèvements vont démarrer dans les jours à venir.
Ainsi, pour remédier à toute cette situation, le gouvernement a fait l’inventaire de tous les stocks de cacao invendus disponibles dans les zones de production, procédé à la mise en place d’un dispositif d’achat de ce stock au prix de 2800 FCFA/KG garanti par le conseil du café-cacao, en collaboration avec l’Organisation Interprofessionnelle Agricole (OIA) Café-cacao et les autorités administratives et mis en place une organisation de séances d’information et de sensibilisation de l’ensemble des acteurs sur le dispositif qui sera mis en place, pour faciliter l’enlèvement des produits. Lesquels produits s’élèvent à environ 123 000 tonnes invendues dans les zones de production, avec une concentration particulièrement élevée dans la région de Duékoué.
L’achat de ces stocks devrait s’élever à plus de 280 milliards de FCFA. Une somme apparemment colossale. Mais, le ministre d’Etat rassure que « le Conseil Café-Cacao travaillera avec les banques » non sans insister sur la volonté du chef de l’Etat de trouver une solution définitive à cette situation en maintenant le prix bord champ à 2 800 FCFA/kg. « Il est l’avocat défenseur des producteurs et ne peut tolérer une situation qui les pénalise ; les moyens seront dégagés pour parer au plus pressé », a rassuré le conférencier, faisant référence au président Alassane Ouattara.
Ouattara Abdoul Karim

