Ecarté de la sélection à la faveur de la dernière Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 de football au Maroc, Nicolas Pépé n’est visiblement pas content et quand on lui en donne l’occasion, il ne cache pas son ressenti. Ce que d’aucuns lui reprochent. Et pourtant !
La Nouvelle Chaîne Ivoirienne (NCI) a tendu son micro à Nicolas Pépé, l’Eléphant écarté de la dernière CAN marocaine pour semble-t-il avoir trop parlé. En effet, le 19 ivoirien avait dans une vidéo avec un influenceur, tenu des propos qui n’avaient pas plu. Des propos qui, très certainement, ont été à la base de sa mise à l’écart de la sélection.
Mais quand Malick Traoré et NCI échangent avec l’ailier de Villarreal, le jeune homme de 31 ans évoque ce qu’il ressent. Occasion pour des observateurs, de l’accuser de trop parler ou de choisir le mauvais moment pour remuer le couteau dans la plaie. Moment tout proche qui, selon eux, devrait être mis à profit pour entamer les préparatifs du Mondial de l’Eté prochain aux USA, au Canada et au Mexique.
Il est vrai qu’au début de cette affaire début décembre 2025, précisément avant et après la publication de la liste des Eléphants, nous avions condamné les propos de Nicolas Pépé surtout envers Alban Lafont, pour ce qu’ils pouvaient créer comme désagréments dans le vestiaire ivoirien. Car, pour le bon esprit de groupe, un joueur devrait savoir se taire des fois quand la situation l’exige ou encore toute plaisanterie, surtout de mauvais goût devrait être proscrite.
De là, à accuser Nicolas Pépé d’évoquer ses échanges avec son coach Faé Emerse ou avec le président Idriss Diallo, c’est trop lui en vouloir. D’autant plus qu’il a mal et que NCI lui en donne l’occasion. Occasion qui lui permet de se vider, de se libérer.
Qui ne sait pas que parler ou se vider libère du poids et de la charge qu’on porte en soi ? Ce n’est pas seulement le psychologue qui nous l’enseigne mais la vie elle-même.
Il faut être à la place de Pépé pour comprendre ce que l’on peut vivre à ce moment précis. Laisser le joueur exprimer ce qu’il ressent permettra de le libérer.
Le cas Idriss Diallo

Le président Yassine Idriss Diallo est aussi passé par là. Lui qui, après une victoire sans bavures à l’élection pour la présidence de la Fédération ivoirienne de football (FIF) en avril 2022, avait inutilement été pris à partie par les partisans de la légende du football ivoirien Didier Drogba. Pris pour cible et de façon inexplicable, Idriss Diallo avait fini par évoquer le sujet au cours d’une interview avec une chaîne de télévision ivoirienne dont nous n’avons plus grande souvenance.
Dans cette interview, le président de la FIF expliquait qu’avant les candidatures, il était allé vers Drogba dont il avait eu écho de la volonté de l’ex-international à briguer le poste, avec l’idée d’être si possible dans son équipe au cas où il (Drogba) songerait à aller à cette élection. Selon lui, l’ancien capitaine des Eléphants lui avait tout simplement répondu qu’il le tiendrait informé pour la suite. Plus rien après, jusqu’à ce que s’ouvrent les candidatures.
C’est ainsi qu’Idriss Diallo, face à ce que l’on pourrait qualifier de mépris vis-à-vis de sa personne, s’est porté candidat.
Avec la petite expérience acquise dans le milieu depuis les années 80, il a su se hisser au sommet de la gestion du football ivoirien.
Et quand les partisans de Drogba s’en prennent jour et nuit à lui, à un moment donné, Idriss Diallo était obligé d’en parler pour montrer à ses détracteurs qu’il n’avait rien contre la légende ivoirienne et qu’il n’est pas à la base de son échec, dans la mesure où l’ancien virevoltant attaquant de Chelsea FC avait été classé 3e, après Sory Diabaté.
Malgré les éclaircissements et mises au point d’Idriss Diallo, ses détracteurs ont continué de le vilipender au point de le huer au Stade Félix Houphouët-Boigny où le trophée de la CAN 2023 remporté par les Eléphants était présenté au publique en février 2024.
Au moins, Idriss Diallo s’était expliqué sur la question pour que ceux qui voulaient comprendre, comprennent. Et, ceux qui voulaient comprendre auront compris.
Pourquoi en vouloir aujourd’hui à Nicolas Pépé qui souffre d’une situation, même s’il en est, en partie responsable à cause de ses propos ?
Comme le dit cet adage baoulé de chez nous, « on ne peut frapper un enfant et l’empêcher de pleurer » quand on sait que pleurer permet d’évacuer la douleur qu’on ressent.
Il est peut-être facile de juger ou de critiquer quand on n’est pas concerné. Mais, en ayant le malheur de se retrouver un jour dans la même situation, on peut avoir besoin qu’on nous comprenne.
C’est pourquoi, il faut aller la pédale douce avec ce jeune homme qui a décidé de jouer pour son pays pour lequel il a apporté beaucoup au fil des CAN depuis sa première convocation en novembre 2016.
A 31 ans, il a encore de beaux restes à apporter aux Eléphants.
Evitons surtout de jeter le bébé avec l’eau du bain.
Ouattara Abdoul Karim

