L’ancienne ministre de l’Education nationale et de l’Alphabétisation ira désormais voir dans les caisses de l’Etat et travaillera étroitement avec les Entreprises publiques. Ce changement de cap est la volonté du président de la République et du Premier ministre qui voient certainement en Mariatou Koné, une femme pouvant tout faire, pourvu qu’elle le veuille.
La particularité de nouveau gouvernement reste la création d’un poste de vice-Premier ministre, occupé par Téné Birahima Ouattara, lui-même ministre de la Défense. Un poste ayant déjà existé sous Félix Houphouët-Boigny, investi le 30 avril 1959, Premier ministre par l’Assemblée législative ivoirienne. Celui-ci nommait à son tour Jean-Baptiste Mockey comme vice-Premier ministre en charge du ministère de l’Intérieur, un portefeuille stratégique dans un Etat qui naissait. Rien donc d’étonnant à ce sujet.
Mais l’autre fait majeur est la nomination de l’enseignante, la sociologue, Professeur Mariatou Koné, au poste de ministre du Portefeuille de l’Etat et des Entreprises publiques.
Depuis que cette liste a été rendue publique, vendredi, on entend des complaintes dans les rues. Un militaire en fonction à Bouaké s’interroge « pourquoi Alassane Ouattara a fait changer de poste à Mariatou Koné ». « Pourtant, elle était bien à ce poste », félicite-t-il, avant de reconnaître que l’ancienne ministre de l’Education nationale et de l’Alphabétisation a fait évoluer les choses dans ce département.
Enseignante et obligée à la gestion de l’argent et des biens publics
Une autre, enseignante celle-là, trouve que c’est une sanction que de la faire partir d’un ministère qui rapporte gros en termes de bénéfices. « Qu’est-ce qu’elle gagnera à garder la bourse de l’Etat et quelles en sont les retombées pour elle-même quand on sait que son ancien poste était plus juteux ? », estime-t-elle.
C’est pourquoi, ici, il faut être clair. Le terme de jackpot que nous utilisons n’est pas forcément lié aux faveurs pécuniaires même si en réalité, ce poste n’est pas moins juteux comme tente de se convaincre cette enseignante.
En parlant de portefeuille de l’Etat et d’Entreprises publiques, l’on se réfère directement à l’argent de l’Etat et à ses entreprises. Ce qui, du reste, constitue effectivement dans l’entendement de beaucoup de personnes, une grosse enveloppe et des entrées d’espèces sonnantes et trébuchantes entre les mains du ministre en charge de ce département ministériel. En évoquant le jackpot, il est question selon notre conception, de la confiance que le président Ouattara place en cette dame qui n’a vraiment rien d’une économiste comme on en a connu précédemment. Prenons en exemple, Cissé Abdourahmane et Moussa Sanogo, des économistes avérés, pour ne citer que ces deux personnalités.
Mariatou Koné est enseignante, mais surtout de sociologie. Elle aurait été enseignante d’Economie, on aurait compris. Mais là n’est pas le problème. Certains commencent à le savoir maintenant, qu’Alassane Ouattara est imprévisible. Le président ivoirien sait ce qu’il fait. Et ça, tout le monde l’admet désormais. Tant il est devenu un dribleur. Quand il décide, on peut ne pas être d’accord avec ses décisions, mais l’avenir lui donne raison dans la plupart des cas.
S’il a donc osé mettre à cette place stratégique Mariatou Koné, l’enseignante de sociologie qui faisait bien son travail à l’Education nationale, c’est que le chef de l’Etat qui est lui-même un expert en Economie, le fait en connaissance de cause.
Comparaison n’est pas raison. Mais à l’Education nationale, son arrivée a fait reculer à pas de géant, la fraude aux examens à grands tirages. La tricherie, une grosse plaie qui détruit l’école ivoirienne, est franchement combattue et régresse au fil des années. Cette rigueur affichée du Pr Koné a permis de redresser un système éducatif qui certes, connaissait une avancée depuis une dizaine d’années mais avait besoin d’un électrochoc et à terme, de visibilité.
La confiance, plus qu’un jackpot
Avec l’avènement des caméras dans les grands centres d’examen, Mariatou Koné a réussi à tuer en nos enfants la facilité. Certes, tout ne peut pas être réglé partout et à la fois, puisqu’il y a toujours des poches de résistance, mais des efforts ont été faits dans ce sens pour décourager les paresseux et partisans du moindre effort ; pour ne citer que ce pan de son chantier à l’Education nationale.
Avec ce caractère et cette intégrité morale, Alassane Ouattara qui a le compas dans l’œil, n’a pas hésité à faire confiance à la ministre pour gérer le Portefeuille de l’Etat et les Entreprises publiques, pourvoyeuses de l’économie ivoirienne. Loin de nous, l’idée de douter de la valeur ni de l’honnêteté de ses prédécesseurs. Mais, le président Ouattara, en confiant ce poste doublement stratégique à la ministre, sait pouvoir compter sur sa rigueur dans la gestion des biens publics.
Qui accepterait de confier son porte-monnaie personnel ou sa petite et moyenne entreprise à quelqu’un de peu rigoureux, fût-il son rejeton ? D’ailleurs, dans nos foyers, quand l’homme ou la femme ne contrôle pas les dépenses, les plaintes se multiplient, a fortiori au sommet de l’Etat.
Certes, comme d’aucuns le disent, en termes de ‘’ gombo ‘’ (*), l’Education nationale rapporte gros aux tenants de ce département. Parce qu’il est un ministère important.
Toutefois, ce qu’il est important de faire remarquer, c’est plutôt la confiance que le président de la République place en cette dame en lui confiant les clés de sa ‘’ Banque ’’. Et cela découle du sérieux et de la rigueur dont elle fait preuve depuis son entrée au gouvernement en janvier 2016 comme ministre de la Femme, de la Protection de l’Enfant et de la Solidarité puis ministre de la Solidarité, de la Cohésion sociale et de la Lutte contre la pauvreté et enfin de l’Education nationale et de l’Alphabétisation.
Un remplaçant digne du nom
Dans son rôle de ministre de la Solidarité, de la Cohésion sociale et de la Lutte contre la pauvreté, elle avait joué un grand rôle dans le retour en Côte d’Ivoire des exilés et réfugiés qui avaient fui le pays à la faveur de la crise postélectorale de 2010 et 2011. Au four et au moulin, elle s’était déplacée quelques fois hors du pays pour créer la confiance et prendre les devants des convois pour encourager les plus sceptiques au retour au bercail.
C’est certainement ces belles œuvres qui incitent le chef de l’Etat à lui confier ce poste ô combien précieux pour le bon fonctionnement de la nation.
Comme son remplaçant au ministère important de l’Education nationale, le président Ouattara a choisi aussi un homme de rigueur qui a fait ses preuves dans le domaine de l’Enseignement. N’guessan Koffi qui cumule les postes de l’Education nationale et de l’Alphabétisation puis de l’Enseignement technique dont il avait la charge. Lui aussi est un homme de droiture qui, très certainement, fera oublier Mariatou Koné dans ce secteur de l’Education qui importe beaucoup aux Ivoiriens, pour être le fondement de tout développement.
Ouattara Abdoul Karim
(*): Avantages pécuniaires résultant d’un poste ou d’un travail

