Le Premier ministre et chef du gouvernement après les élections générales de 2025 est connu. Le président Alassane Ouattara a une fois de plus fait confiance, mercredi 21 janvier 2026, à Robert Beugré Mambé. A qui, le numéro un ivoirien demande de lui « proposer un gouvernement dans les meilleurs délais ».
En le nommant ce mercredi, à la tête du gouvernement pour la seconde fois, Alassane Ouattara renouvelle sa confiance à Mambé Robert Beugré. « Dans les meilleurs délais », le nouveau chef du gouvernement devra proposer à son mandant une nouvelle équipe.
Autant, pendant deux semaines, l’opinion a ergoté sur le profil du nouveau Premier ministre que le président Ouattara allait nommer, autant pour les jours à venir, elle aura à faire du charlatanisme autour des noms que Mambé choisira pour faire partie de son gouvernement.
Mais, à la vérité, cette nouvelle équipe que va former le Premier ministre dans les heures à venir, sera inéluctablement une équipe de commandos censée donner un sens au slogan ‘’ la Grande Côte d’Ivoire’’ promise aux Ivoiriens par le Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) à la faveur de la présidentielle d’octobre 2025.
Si l’on n’imagine forcément pas une équipe resserrée, il est certainement question pour le président de la République et son mandataire de mettre l’accent sur des ministres dévoués, à même de mettre tout le monde d’accord sur leurs capacités intrinsèques à relever les défis de l’heure. Car, si durant les trois précédents mandats de l’actuel président, les Ivoiriens ont senti le doigté magique du grand bâtisseur, il s’agira pour la mission en cours, de préparer l’après-Ouattara. Etant entendu que le chef de l’Etat, en 2030, à la fin de son 4e mandat, aura 88 ans.
La succession de Ouattara en filigrane
D’ailleurs, dans son adresse à la Nation, le 31 décembre 2025, l’ancien Directeur général adjoint du Fonds monétaire international (Fmi) avait insisté sur la transmission générationnelle du pouvoir. Ce qui laisse entendre que 2030 pourrait sonner la fin du sacerdoce qui a permis à la Côte d’Ivoire de compter parmi les grands de la sous-région ouest africaine, de l’Afrique et même du monde entier. Pour poursuivre l’œuvre qu’il a commencée, il faudra convaincre les Ivoiriens de continuer le chemin avec son parti, le Rhdp, sans lui. Il est vrai que le sujet de sa succession est quelques fois devenu tabou au sein de cette formation politique, mais il ne sera tout de même pas occulté indéfiniment.
Ainsi, pour maintenir le bail de confiance signé avec Alassane Ouattara, comme le témoignent les résultats de la présidentielle du 25 octobre 2025, il faudra à Mambé et à son chef trouver pour ce gouvernement, des hommes et des femmes de mission dont le travail lèvera tout doute sur les capacités du parti au pouvoir à poursuivre l’avancée du pays après la retraite politique de son mentor.
Et, c’est dans les constituants de ce gouvernement que l’on verra poindre à l’horizon, le vrai successeur, capable de faire comme le prédécesseur qui a tout donné pour que son pays retrouve sa notoriété d’antan, après le passage à vide des années de vives tensions.
Autant le dire tout net, des Ivoiriens pensent encore que ces trois mandats de Ouattara qui ont vu la Côte d’Ivoire presqu’émerger sont de son seul fait. C’est lui l’architecte qui pense et qui ordonne. Selon ces observateurs, il s’agit pour les autres, notamment les hauts cadres du parti, de prouver maintenant qu’on peut compter sur eux quant aux défis à venir. Le gouvernement qui devrait être connu sous peu est l’instrument qui permettra certainement de détecter l’oiseau rare censé suivre les traces du ‘’bravetchè’’*. A moins que ce dernier ne soit ailleurs qu’au gouvernement.
Dans tous les cas, 2026-2030 sera l’occasion pour chacun des responsables qui aspire à jouer les premiers rôles, de se surpasser. Au sein du gouvernement sortant, des ministres qu’on ne citera pas mais que tout le monde voyait à l’œuvre, devront plus s’affirmer, si le président de la République et le chef du gouvernement leur renouvellent leur confiance.
(*) : Nom donné à Alassane Ouattara dans l’opposition pour magnifier sa bravoure
Ouattara Abdoul Karim

