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En Côte d’Ivoire, le PPA-CI de Laurent Gbagbo boycottera les législatives

Le parti de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo ne participera pas aux élections législatives prévues le 27 décembre, a annoncé jeudi soir le PPA-CI. Cette annonce survient alors que Damana Pickass, un haut cadre de cette formation, a été inculpé pour « actes terroristes ». Le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) de Laurent Gbagbo a décidé […]

Le parti de l’ancien président ivoirien Laurent Gbagbo ne participera pas aux élections législatives prévues le 27 décembre, a annoncé jeudi soir le PPA-CI. Cette annonce survient alors que Damana Pickass, un haut cadre de cette formation, a été inculpé pour « actes terroristes ».

Le Parti des peuples africains-Côte d’Ivoire (PPA-CI) de Laurent Gbagbo a décidé « de ne pas participer aux prochaines élections législatives », a annoncé ce dernier dans un communiqué publié jeudi soir, à l’issue d’une réunion. L’ancien président invoque « deux raisons essentielles : les conditions d’élections crédibles ne sont pas réunies », et « l’environnement sociopolitique délétère ne s’y prête pas « . « Il faudrait que le gouvernement accepte de repousser la date des élections », a encore déclaré Laurent Gbagbo, selon un extrait de son discours diffusé sur la page Facebook du parti.

Les législatives sont prévues le 27 décembre. Le principal parti d’opposition, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) de Tidjane Thiam, allié au PPA-CI au sein du « Front commun », a, lui, annoncé y participer. Y « aller en décembre, c’est couvrir la forfaiture qui a eu lieu, c’est couvrir les blessures et les morts », a dit Laurent Gbagbo.

Appel à manifester

Comme d’autres figures politiques, l’ancien président a été exclu du scrutin présidentiel du 25 octobre par le Conseil constitutionnel, en raison d’une condamnation judiciaire. L’opposition a vivement critiqué l’élection, remportée avec près de 89,77 % des voix par le chef de l’État sortant, Alassane Ouattara.

Si le scrutin présidentiel s’est globalement déroulé dans le calme, onze personnes sont mortes dans des manifestations avant l’élection ou dans des affrontements intercommunautaires le jour même, selon des sources officielles. L’opposition évoque un bilan de 27 morts. Plus d’une centaine de personnes ont été condamnées à trois ans de prison ferme pour avoir participé à ces manifestations.

Le PPA-CI a appelé à une manifestation samedi, notamment pour dénoncer les violences qui ont eu lieu lors du scrutin.

Damana Pickass « risque la perpétuité »

Jeudi également, un haut cadre du PPA-CI et bras droit de Laurent Gbagbo, Damana Pickass, a été inculpé et placé sous mandat de dépôt notamment pour « actes terroristes » en lien avec la présidentielle, a annoncé le procureur de la République, Oumar Braman Koné. Cet ancien de la Fesci et militant historique du Front populaire ivoirien (FPI) avait été arrêté mardi 4 novembre près d’Abidjan. Le procureur estimait qu’il avait « appelé à l’insurrection populaire et au renversement des institutions ».

Fidèle de longue date de Laurent Gbagbo et tenant de l’aile dure de son parti, il était apparu pour la dernière fois le 16 octobre, lorsqu’il avait appelé les Ivoiriens à manifester dans une vidéo d’une vingtaine de minutes. Parmi les chefs d’accusation le visant figurent aussi, entre autres, « assassinat », « atteinte aux opérations électorales », « participation à un mouvement insurrectionnel » ou encore « complot contre l’autorité de l’État », selon le communiqué.

Le PPA-CI a dit « exiger sa libération immédiate et sans conditions ». « Ce sont des chefs d’accusation surabondants qu’il ne reconnaît pas », a réagi auprès de l’AFP son avocate Roselyne Serikpa. Pour certains, « il risque la lourde peine de perpétuité », a-t-elle ajouté. En début d’année, Damana Pickass avait écopé de dix ans de prison pour « atteinte à la sûreté de l’État », concernant des faits remontant à 2021. En l’absence de mandat de dépôt, il n’a pas été incarcéré, comme cela arrive en Côte d’Ivoire, même pour de lourdes peines.

Alassane Ouattara, réélu pour un quatrième mandat, prêtera lui serment le deuxième lundi de décembre – cette année, le 8 – comme le veut la Constitution.

(Avec AFP)

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