Le nouveau gouvernement post-élections générales attendu est finalement arrivé le vendredi 23 janvier 2026. Dans cette équipe figurent 30 ministres, 4 ministres délégués mais surtout un vice-Premier ministre dont la nomination fait couler beaucoup d’encre et de salive.
Ce n’est pas la résurrection du poste de vice-Premier ministre qui fait tant jaser depuis la formation du nouveau gouvernement ‘’ Mambé 2 ‘’. Puisque ce poste a déjà été occupé par Jean-Baptiste Mockey en 1959, lorsque Félix Houphouët-Boigny était Premier ministre, en prélude à la naissance de l’Etat de Côte d’Ivoire. Mais, c’est plutôt la nomination à ce poste de Téné Birahima Ouattara, le cadet du président de la République, qui suscite autant d’attention et d’intérêt.
En effet, le choix du ministre d’Etat, ministre de la Défense pour occuper la vice-Primature crée polémique chez certains quand d’autres en sont indifférents.
A la vérité, beaucoup d’Ivoiriens, proches du pouvoir ou non, voyaient déjà Téné Birahima au poste de Premier ministre, en remplacement de Beugré Mambé. Curieusement, pendant qu’il est nommé vice-Premier ministre, un poste inférieur à celui de Premier ministre, c’est à ce moment que l’émotion est grande.
Mais, en réalité, ceux qui voient mal cette nomination, axent leurs argumentaires sur la parenté du promu avec le chef de l’Etat qui entérine les choix.
La filiation comme un frein à la promotion des talents ?
D’ailleurs, deux confrères, dans leur parution de ce mercredi 28 janvier 2026 vont dans le même sens que les contestataires. En manchette, le quotidien ‘’ Notre Voie ‘’ affiche en s’interrogeant : « Gouvernement Rhdp ; une affaire de compétences ou de famille ? », avec comme illustration, l’image du ministre de la Défense. ‘’ Le Canard déchaîné ‘’ quant à lui, met le pied dans le plat en affirmant : « Nouveau poste de vice-Premier ministre ; des contorsions pour positionner Téné Birahima Ouattara ».
Cadet d’Alassane Ouattara, la nomination au poste de vice-Premier ministre de Téné Birahima est perçue par les détracteurs du ministre de la Défense comme le fruit d’un favoritisme qui ne dit pas son nom.
D’aucuns vont jusqu’à affirmer que le président positionne son cadet dans l’antichambre de la Primature pour le préparer à jouer les premiers rôles à la ‘’ Maison Blanche ‘’ ivoirienne dans quelques années, en remplacement de Beugré Mambé, et ce, dans la perspective de la présidentielle de 2030.
Mais à aucun moment, l’on n’entend dans les différents discours que le détenteur du département de la Défense ne fait pas bien le travail pour lequel il a été nommé.
Pourtant, depuis la prise de pouvoir d’Alassane Ouattara en 2011, Téné Birahima travaillait dans l’ombre. Ce n’est qu’en 2021 qu’il est nommé ministre de la Défense, en remplacement du défunt Premier ministre Hamed Bakayoko qui était également à la Défense. Et, en si peu de temps, » Photocopie » – comme on l’appelle affectueusement en raison de sa ressemblance avec le président Ouattara – a répondu aux attentes des autorités et des populations qui n’aspirent qu’à la paix et à la sécurité pour un pays qui a connu de longues années de soubresauts et au regard de la situation des Etats voisins, secoués par des crises interminables depuis plus d’une dizaine d’années. Téné a su donner des réponses appropriées aux inquiétudes de ses compatriotes.
Si l’armée ivoirienne connaît une montée en puissance, jouissant d’une bonne renommée mondiale, cela est certainement due à la touche qu’il a apportée à ce ministère ô combien important pour l’équilibre de la nation.
Mérites et compétences, seuls juges
Mais, le ministre de la Défense n’excelle pas qu’à la tête des troupes. Il a aussi le sens de la négociation et du dialogue. Malgré des tensions visibles et persistantes entre la Côte d’Ivoire et les pays voisins, notamment le Mali et le Burkina Faso, le ministre de la Défense a toujours su trouver les méthodes adéquates pour échanger avec les autorités compétentes de ces pays afin de calmer leurs ardeurs guerrières et éviter des affrontements aux conséquences inimaginables.
Si, au fil des ans, il a permis au président Ouattara de lui faire confiance, pourquoi Téné Birahima ne devrait-il pas bénéficier de la confiance du chef de l’Etat, fût-il son aîné ?
Et c’est là qu’intervient la question du mérite et de la compétence, loin des considérations tribalistes et parentales.
Ceux qui voient d’un mauvais œil le positionnement de Téné Birahima jugent l’acte par sa filiation avec Alassane Ouattara plutôt qu’à travers sa valeur intrinsèque. Et, c’est ce qui est malheureux.
Si être le frère du président doit empêcher quelqu’un de nourrir des ambitions alors qu’il a les capacités de relever des défis, alors, que fait-on du mérite et de la compétence de chacun. La parenté ne doit pas être une censure pour les uns et les autres ni un frein à l’évolution de qui que ce soit parce que tout simplement, on ne choisit pas sa famille.
On aurait compris la réaction des adversaires d’Alassane et Téné Birahima Ouattara, s’ils nous convainquaient sur l’incapacité du vice-Premier ministre à répondre aux attentes de son mandant et des populations pour qui il travaille. Mais, personne n’en fait mention, jusque-là.
Que le président Ouattara choisisse son jeune frère comme le candidat de son parti en 2030 ne fait pas de lui tout de suite le futur président de ce pays. Il y a tellement d’étapes à franchir pour espérer être dans le fauteuil présidentiel.
Alors, il faut arrêter de censurer en laissant chacun aller au bout de ses idées et de ses actions. L’avenir, lui, nous situera.
Ouattara Abdoul Karim

