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Côte d’Ivoire/ Lutte contre le désordre urbain/ Bouaké : la police fait arrêter et condamner une vingtaine de jeunes

Les jeudis à Bouaké rythmaient avec le vrombissement des motos. Du matin à la nuit, des jeunes gens circulaient à vive allure çà et là sur les artères de la ville pour célébrer les mariages. Mettant en danger la vie des populations. Depuis deux mois, de telles scènes ne sont plus qu’un triste souvenir. Les […]

Les jeudis à Bouaké rythmaient avec le vrombissement des motos. Du matin à la nuit, des jeunes gens circulaient à vive allure çà et là sur les artères de la ville pour célébrer les mariages. Mettant en danger la vie des populations. Depuis deux mois, de telles scènes ne sont plus qu’un triste souvenir.

Les moments où les jeudis constituaient pour les populations des jours de peur et d’inquiétude sont désormais derrière nous. Ces jeudis de mariage qui voyaient se transporter à moto, des jeunes garçons et filles, habillés de tee-shirts à l’effigie des mariés, ont malheureusement occasionné des deuils dans de nombreuses familles. En effet, si les matins étaient plus calmes dans ces lieux de mariage qui foisonnaient dans presque tous les quartiers de la ville, la nuit tombante était plus perturbée. En plus de la pénombre qui sévissait, réduisant au maximum la visibilité sur les routes souvent sans bitume et mal éclairées, la vitesse et le désordre venaient en rajouter aux risques qu’encouraient les motocyclistes eux-mêmes mais surtout les autres usagers de la route comme les piétons et autres conducteurs de motos et véhicules à quatre roues, non concernés par le cortège qui accompagnait la mariée chez son époux à la tombée de la nuit. Bruits de klaxons, cabrage de motos, en somme, le désordre était d’actualité à ce moment précis de la journée.

Le commissaire Mobio Maxime, Préfet de police de Bouaké

Malheureusement, des fois, les conséquences ont été très dommageables. L’on nous raconte que ces parades de moto ont bien souvent occasionné des morts parmi les acteurs même de ces jeux malsains tout comme parmi des innocents qui n’étaient concernés ni de près ni de loin par ces mariages. « Un jeudi soir, alors qu’ils étaient engagés dans ce qu’ils appellent communément ‘’bon chauffeur’’, accompagnant une mariée au domicile de son homme, l’un d’entre eux est venu faucher un vieil homme traversant avec son vélo avant de continuer sa route. Manque de pot pour l’infortuné qui a eu la malchance de voir le second qui roulait à vive allure, venir l’achever. Bien que déséquilibrés par le choc, les deux assassins ont pu se ressaisir et continuer leur sale besogne », raconte un conducteur de moto-taxi à Bouaké qui, outré par l’attitude de ces jeunes gens, fait savoir que tous les jeudis soir étaient des moments très critiques pour eux et leurs clients. Et l’homme, très satisfait de l’action de la police, d’expliquer : « quand ils commençaient leur procession, nous n’avions d’autres choix que de garer sur le bas-côté de la voie, leur laissant le soin d’aller avant de continuer notre route ».

Le holà de la police

Mais depuis un peu plus de deux mois, cette situation de troubles a cessé d’exister. Face à la dégradation des mœurs, la police s’est donné pour mission de mettre fin à cette pratique dangereuse en traquant les contrevenants. Depuis le début de cette campagne de lutte contre le désordre urbain et les comportements malsains des jeunes dans la ville, une vingtaine de ceux qui paradaient à moto ont été arrêtés, jugés et condamnés à un an de prison ferme pour certains et deux ans pour d’autres pour « mise en danger de la vie d’autrui », comme nous l’a expliqué une source sécuritaire de la ville de Bouaké. « Ils ont été condamnés pour avoir outrepassé la vitesse en agglomération, excès de vitesse et parade à moto », a précisé ce responsable qui note qu’une cinquantaine de motos a été mise en fourrière. Et, ce dernier, de saluer la franche collaboration de la population, lasse de ces pratiques dangereuses. Les quartiers comme Belle Ville, Dar Es Salam, Tollakouadiokro, Sokoura et même Kennedy sont les plus concernés, à en croire notre source qui affirme que depuis plus de deux mois, ces parades à moto des jeudis de mariage ou des dimanches de distraction ont cessé. Les bagarres rangées entre jeunes gens qui se tailladaient à la machette, aussi. Notre interlocuteur révèle que le commissaire de police Mobio Maxime, préfet de police de Bouaké et ses hommes ont mis en place une stratégie pour mettre fin aux mauvais comportements dans la ville.

La population quant à elle, se réjouit de cette mesure et salue une décision courageuse de la police. « Nous disons grand merci à la police et espérons qu’elle continuera sur cette lancée pour que plus jamais, l’on n’assiste à ces comportements tendant à mettre la vie d’honnêtes citoyens en danger », a salué un fonctionnaire d’Etat rencontré à Tollakouadiokro.   

Ouattara Abdoul Karim

 

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