En ce jour de Pâques, symbole de résurrection et de victoire de la lumière sur l’épreuve, j’adresse au nom du Mouvement des Forces d’Avenir (NDLR ; MFA) et en mon nom personnel mes vœux de paix, de force et de bénédiction à tous nos compatriotes chrétiens.
Mais Pâques en Côte d’Ivoire a dépassé le cadre d’une simple célébration religieuse. Elle est devenue au fil des années un moment national. Une fête portée par toutes les sensibilités, vécue bien au-delà des appartenances confessionnelles et qui rassemble dans un même élan les différentes composantes ethniques, culturelles et spirituelles de notre pays.
Mieux encore, ce symbole national s’est transformé en une alliance vivante entre les traditions et la spiritualité. À chaque Pâques, des populations entières se mobilisent, quittant les grandes villes pour rejoindre campements, villages et terres ancestrales. Ce mouvement n’est pas anodin. Il traduit un besoin profond de se reconnecter à l’essentiel, de puiser dans les racines, de retrouver l’équilibre entre foi, mémoire et identité.
Un peuple qui sait d’où il vient ne se perd jamais dans les tempêtes de l’histoire.
Dans ces retours vers les origines se joue quelque chose de fondamental. Une nation qui, malgré les mutations modernes, refuse de perdre son âme.
Et pourtant, cette unité vécue dans les moments de foi contraste parfois avec les tensions qui traversent notre espace public.
Pâques n’est donc pas qu’une célébration. C’est un signal. Un rappel exigeant que toute épreuve porte en elle une alternative claire, se durcir ou se transcender.
La Côte d’Ivoire se trouve précisément à ce point de bascule.
Une nation ne se juge pas seulement à ce qu’elle traverse, mais à ce qu’elle décide de devenir.
Notre nation a traversé des périodes de fractures, de tensions et de méfiance. Pourtant, derrière ces épreuves, une vérité demeure ; aucun peuple ne peut durablement avancer contre lui-même. À un moment donné, il doit choisir entre l’enfermement dans ses divisions ou l’élévation vers une unité assumée.
Refuser de choisir, c’est déjà choisir le déclin.
Aujourd’hui ce choix n’est plus théorique. Il est concret. Il est immédiat.
Car une nation ne s’épuise pas seulement dans les crises visibles. Elle s’affaiblit surtout dans les silences prolongés, les non-dits accumulés et les occasions manquées de rassembler.

À ceux qui portent la charge de conduire l’État, l’histoire ne demande pas seulement de gouverner. Elle exige de décider au moment juste ce qui élève ou ce qui enferme. Il arrive toujours un temps où la responsabilité dépasse la gestion pour entrer dans la dimension du destin.
Ce temps est là.
La véritable force ne réside pas dans la maîtrise du présent mais dans la capacité à ouvrir l’avenir. Et ouvrir l’avenir, c’est parfois avoir le courage de libérer ce qui retient encore la nation dans ses lignes invisibles de fracture.
Pâques nous enseigne que la résurrection n’est jamais automatique. Elle est le fruit d’un choix. Un choix exigeant, parfois silencieux, mais toujours déterminant.
La Côte d’Ivoire possède tout pour réussir ce passage, une diversité vivante, une foi partagée et un attachement profond à ses racines. Ce qui lui est demandé aujourd’hui n’est pas de se justifier mais de s’élever.
À toutes les familles ivoiriennes, je souhaite une Pâques de vérité, de courage et de renouveau intérieur.
L’histoire ne retient jamais les hésitations, elle ne retient que les décisions.
Les nations qui s’élèvent ne sont pas celles qui évitent les crises, mais celles qui savent les transformer en destin.
Car une nation qui sait revenir à ses racines sans renoncer à son avenir, détient déjà la clé de sa propre élévation.
Fait, le 4 avril 2026
Yaya Fofana
Président du Mouvement des Forces d’Avenir (MFA)

