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Bouaké/ Lutte contre l’incivisme routier : Les autorités durcissent le ton, les conducteurs de moto-taxis dans le chantage

Après la carotte, le bâton. La mairie de Bouaké a lancé, lundi 7 septembre 2026, une vaste opération de lutte contre l’incivisme routier, la vente et la consommation de drogues et de stupéfiants dans les différents quartiers de la seconde ville du pays. Après plusieurs heures d’intervention, le 7ᵉ adjoint au maire de Bouaké, Mélombé […]

Après la carotte, le bâton. La mairie de Bouaké a lancé, lundi 7 septembre 2026, une vaste opération de lutte contre l’incivisme routier, la vente et la consommation de drogues et de stupéfiants dans les différents quartiers de la seconde ville du pays.

Après plusieurs heures d’intervention, le 7ᵉ adjoint au maire de Bouaké, Mélombé Fofana, le directeur général adjoint de la Police nationale chargé de la sécurité publique, Dosso Siaka, et le préfet de police de Bouaké, le commissaire divisionnaire Maxime Mobio, avaient animé un point de presse dans l’après-midi du même lundi, dans la salle de conférence de l’Hôtel de Ville de Bouaké pour faire le point de la situation.

« Le maire a tenu beaucoup de réunions avec toutes les couches au niveau de la commune pour sensibiliser et interpeller tout le monde sur les accidents de la route qui font généralement beaucoup de tués, et ces tués sont à 90 % des jeunes », avait expliqué Mélombé Fofana, comme pour donner les motivations d’une telle opération.

Mais, à l’en croire, l’opération « Civisme et port du casque obligatoire ne se limite pas au port du casque. Elle concerne également l’utilisation des rétroviseurs, le respect des feux tricolores et la lutte contre les parades anarchiques et les rodéos dangereux sur la voie publique.

La situation sécuritaire sur les routes de Bouaké demeure préoccupante. Du 1ᵉʳ janvier au 19 août 2026, 675 accidents de la circulation ont été enregistrés dans la ville, impliquant notamment 293 motos et 46 tricycles. Ces accidents ayant occasionné 63 décès.

De son côté, le directeur général adjoint de la Police nationale chargé de la sécurité publique, Dosso Siaka, avait quant à lui, annoncé une intensification de la lutte contre l’incivisme et la prolifération des drogues et médicaments de qualité inférieure et falsifiés (MQIF).

« Tous les marchés, tous les coins de rue de la ville de Bouaké sont passés au peigne fin par les forces de police et de gendarmerie afin de démanteler les fumoirs et de saisir tous les médicaments MQIF qui traînent », avait prévenu Dosso Siaka.

Il avait également mis en garde les auteurs de parades de motos et de rodéos dangereux seront traduits devant les tribunaux et que leurs engins pourront être confisqués conformément aux procédures en vigueur.

S’agissant des fumoirs et des médicaments falsifiés, il a appris que les produits saisis seraient également confisqués et feraient l’objet d’un compte rendu au procureur de la République.

« L’opération va perdurer. Ce ne sera pas un feu de paille. Nous ne sommes pas venus faire deux ou trois jours. L’opération va se prolonger et nous ferons le bilan de l’opération toutes les deux semaines ici à Bouaké », avait-il rassuré.

Faisant le bilan à la mi-journée, le préfet de police de Bouaké, le commissaire divisionnaire Maxime Mobio, a noté 462 engins contrôlés et mis en fourrière, donnant lieu à 462 contraventions.

Pour ce qui est de la lutte contre la drogue, 22 fumoirs ont été visités et détruits et 14 individus interpellés.

Manifestation des conducteurs de moto-taxis

Après deux jours d’une opération corsée, les conducteurs de moto-taxis qui disent payer un lourd tribut de cette décision des autorités, ont tenté d’occuper des artères importantes de la capitale du Centre du pays pour protester contre l’action des forces de police et de gendarmerie.

Au rond-point de l’Habitat de la caisse, des conducteurs de ces engins motorisés ont manifesté, empêchant la circulation à ce carrefour important. Ils ont été littéralement chassés par les forces de l’ordre qui ont eu recours aux jets de gaz lacrymogène pour les disperser.

« On nous demande de porter le casque, d’avoir des rétroviseurs sur nos motos et de ne pas passer aux feux rouges. Mais, les policiers de l’Etat et ceux de la municipalité vont jusqu’à nous demander de présenter un permis de conduire que le maire n’a pas mentionné dans les pièces obligatoires à fournir lors du contrôle », proteste K. Abou, la soixantaine révolue et conducteur de moto-taxi.

« Cette décision des autorités donne l’occasion aux policiers de se mettre plein les poches. Ils vont jusqu’à nous demander de présenter la carte grise, la vignette et même le permis de conduire », se plaint Bamba S. qui s’étonne de cette attitude. « Eux-mêmes le savent. Combien sommes-nous, nous des débrouillards, à détenir tous ces papiers ? ». Et de conclure que si rien n’est fait pour mettre fin à cette pratique des forces de l’ordre, le transport pourrait être paralysé à Bouaké dans les jours ou semaines à venir.

O.A.K

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