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Donald Trump et Xi Jinping cherchent à être sur la même longueur d’onde

En réservant un accueil inédit à son homologue chinois, le président américain cherche à rétablir la confiance avec Pékin Les faits – Alors que Xi Jinping a été personnellement accueilli par Donald Trump à son arrivée à Washington, la Première ministre japonaise Sanae Takaichi, venue participer à l’Assemblée générale des Nations unies, n’a bénéficié d’aucun […]

En réservant un accueil inédit à son homologue chinois, le président américain cherche à rétablir la confiance avec Pékin

Les faits – Alors que Xi Jinping a été personnellement accueilli par Donald Trump à son arrivée à Washington, la Première ministre japonaise Sanae Takaichi, venue participer à l’Assemblée générale des Nations unies, n’a bénéficié d’aucun accueil protocolaire de la part des Etats-Unis. Un détail que les médias chinois n’ont pas manqué de souligner alors que les relations entre Pékin et Tokyo sont au plus bas.

« Les relations entre les Etats-Unis et la Chine définiront le XXIe siècle. L’idée de ne pas entretenir de relations avec eux au plus haut niveau est irresponsable. C’est scandaleux. Nous devons le faire. » Ces propos du secrétaire d’Etat américain Marco Rubio, prononcés mardi, résument parfaitement l’état d’esprit qui entoure la visite d’Etat de Xi Jinping outre-Atlantique, entamée mercredi sous un faste que Donald Trump a rarement réservé à ses hôtes étrangers.

Conscient de la nécessité de mettre en place une relation stable avec Pékin, le président américain a voulu donner des gages en ce sens afin de répondre au besoin de prévisibilité manifesté par la partie chinoise. Première expression de cette attitude, l’annonce par son secrétaire au Trésor, Scott Bessent, de la prolongation jusqu’au 10 janvier de leur trêve d’un an dans la guerre commerciale entre les deux parties, qui devait expirer le 10 novembre.

Cet accord traduit assez bien l’évolution de la pensée du président américain pour qui le cercle vicieux des droits de douane n’a plus de sens avec la Chine, celle-ci ayant pris l’habitude de mettre en place des contre-mesures ciblées en plus de diversifier ses débouchés, ce qui limite l’impact des décisions de la Maison Blanche. Xi Jinping a défini sa vision des relations sino-américaines dans un message rendu public à son arrivée à Washington. D’après lui, Américains et Chinois doivent « œuvrer ensemble pour favoriser une relation stable avec la coopération comme pilier principal, une concurrence dans des limites raisonnables, des divergences gérables et des perspectives pacifiques ». La prolongation de la trêve commerciale a de vastes implications pour l’économie mondiale, car elle semble inclure un report des projets chinois visant à imposer des restrictions encore plus strictes sur les terres rares.

Rétablir un climat de stabilité et de confiance

Il est aussi probable que Xi Jinping fasse quelques gestes commerciaux en faveur de Donald Trump qui a besoin de résultats plus tangibles, avant les midterms, que le portrait dithyrambique de la puissance américaine dressé mardi lors de son discours ahurissant devant l’Assemblée générale des Nations unies. En promettant d’acheter plus de produits agricoles ou en concluant un méga-contrat avec Boeing, le président chinois pourrait aider son homologue américain à éviter une déroute électorale en novembre. Il pourrait espérer obtenir quelques concessions substantielles en matière d’investissements chinois aux Etats-Unis et sur Taïwan qui demeure, à ses yeux, le sujet le plus délicat entre les deux pays car la position en la matière est beaucoup moins prévisible que celle de la Chine pour laquelle tout soutien à un désir d’indépendance taïwanais se traduirait par une opération militaire d’envergure.

Depuis la visite à Taipei, en août 2022, de Nancy Pelosi, alors présidente de la Chambre des représentants, Pékin a fait la démonstration de sa capacité à bloquer l’île et à s’engager dans un conflit si « la ligne rouge » était franchie, à savoir un soutien manifeste à son indépendance. Un engagement de Donald Trump sur cette question permettrait non seulement de réduire les tensions entre Pékin et Washington, mais aussi de relancer un dialogue entre les deux rives du détroit de Taïwan à quelques semaines des élections locales sur l’île, très importantes à moins de deux ans de la présidentielle et des législatives. Ce serait aussi une bonne nouvelle pour Xi Jinping qui est lui aussi soumis à des pressions en raison d’un ralentissement économique dont les conséquences sociales commencent à se faire sentir. L’annonce de la tenue en octobre du cinquième plénum du Parti communiste chinois peu avant son déplacement aux Etats-Unis indique que Xi ne veut pas que ce rendez-vous soit pollué par d’autres points que la relance économique et la composition des dirigeants du PCC à un an du 21e congrès où il remettra en jeu un mandat de cinq ans.

Gage de bonne volonté de la part de l’Américain

Les deux présidents ont donc tout à gagner à favoriser une stabilité stratégique durable en évitant toute confrontation directe. Le rétablissement de la confiance entre les deux pays n’en est donc que plus crucial. L’accueil inédit réservé au président chinois par son homologue américain peut être perçu comme une première expression de cette volonté de mettre en place de la prévisibilité dans les relations bilatérales. En mettant l’accent sur sa proximité personnelle avec Xi Jinping, Donald Trump cherche à donner le gage de sa bonne volonté. Mais il faudra l’accompagner d’un engagement concret pour convaincre le président chinois qu’il ne s’agit pas d’une énième « trumperie ».

Source : L’Opinion.fr

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