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Olu Jacobs, icône de Nollywood, est mort à l’âge de 84 ans

Après s’être formé en Grande-Bretagne et avoir participé à plusieurs productions internationales, il est devenu l’un des acteurs majeurs de la dynamique Nollywood. Le cinéaste et acteur nigérian Oludotun Jacobs, figure tutélaire de Nollywood, la prolixe industrie cinématographique nigériane, est décédé à l’âge de 84 ans, a annoncé sa famille mercredi dans un message publié […]

Après s’être formé en Grande-Bretagne et avoir participé à plusieurs productions internationales, il est devenu l’un des acteurs majeurs de la dynamique Nollywood.

Le cinéaste et acteur nigérian Oludotun Jacobs, figure tutélaire de Nollywood, la prolixe industrie cinématographique nigériane, est décédé à l’âge de 84 ans, a annoncé sa famille mercredi dans un message publié sur Instagram.

Olu Jacobs, formé à la Royal Academy of Dramatic Art de Londres, a marqué des générations de Nigérians durant sa carrière qui s’est étendue sur plus de cinq décennies au théâtre, à la télévision et au cinéma. Son fils, Olusoji Jacobs, a déclaré qu’il avait « mené une vie bien remplie ».

« C’était un géant de l’industrie créative nigériane », a commenté le président nigérian Bola Tinubu dans un communiqué. « Son décès est une immense perte pour le Nigeria, l’industrie cinématographique africaine et la communauté mondiale des amateurs d’arts du spectacle », a ajouté le chef de l’Etat.

« Le Nigeria a perdu bien plus qu’un grand acteur. Nous avons perdu une institution, une icône culturelle et l’un des meilleurs ambassadeurs de notre esprit créatif », a écrit l’ancien vice-président Atiku Abubakar dans un message publié sur X

Olu Jacobs, né Oludotun Baiyewu Jacobs le 11 juillet 1942 à Kano (nord du Nigeria), avait à son actif plus d’une centaine de films. Surnommé le « Lion de Lufodo », le comédien avait démarré dans des émissions et séries de télévision britanniques dans les années 1970-1980 comme Till Death do us part ou The Witches and the Grinnygog (1983) ainsi que dans des productions internationales. Il était ainsi apparu dans des films comme Ashanti de Richard Fleisher (1979), Les Chiens de la guerre (1980) de John Irvin et Pirates (1986) de Roman Polanski.

Puis, Olu Jacobs avait rejoint Nollywood, participant à de nombreux films où il jouait souvent le rôle du patriarche. Des partitions qui lui ont valu l’affection des Nigérians, de celle des amateurs du cinéma nollywoodien ainsi que de nombreuses récompenses. À l’instar de l’African Movie Academy Award (la version nigériane des Oscars) du meilleur acteur pour Dancing Heart (2006). Dans sa filmographie, outre les classiques de Nollywood, on retrouve de longs métrages comme Adesuwa de Lancelot Oduwa Imasuen, Potomanto de Shirley Frimpong-Manso ou encore Oloibiri (2015) de Curtis Graham. Ce dernier long métrage évoque la découverte du pétrole au milieu des années 50 au Nigeria et les sombres conséquences de son exploitation.

En 2011, Olu Jacobs a reçu la distinction nationale de Membre de l’Ordre de la République fédérale du Nigeria (MFR), ainsi que l’Industry Merit Award lors des Africa Magic Viewers’ Choice Awards 2013, en reconnaissance de sa contribution à l’industrie.

Son épouse, Joke Silva, actrice et réalisatrice, avait annoncé en 2021 qu’il souffrait d’une démence à corps de Lewy, une maladie neurodégénérative progressive. Ensemble, le couple avait créé il y a quarante ans une société de production ainsi qu’une école de formation pour jeunes acteurs.

Un modèle d’excellence pour toute une génération

Depuis l’annonce de sa disparition, les hommages se multiplient, émanant notamment de la jeune génération d’acteurs de Nollywood. De la comédienne et productrice Ruth Kadiri à l’acteur et réalisateur Daniel Etim Effiong en passant par les acteurs Funke Akidele et Richard Mofe-Damijo.

« Pour beaucoup, c’était une icône. Un pionnier. Un géant du théâtre et du cinéma nigérians. Un homme dont le talent, la discipline et la maîtrise extraordinaire de son art ont contribué à façonner l’industrie telle que nous la connaissons aujourd’hui. Pour moi, c’était oncle Jay », a écrit Richard Mofe-Damijo(Nouvelle fenêtre). « Il faisait partie de ces hommes dont la présence a contribué à faciliter le chemin pour ceux d’entre nous qui sont venus après. Son retour au pays, son engagement envers son art et les normes qu’il a établies nous ont rappelé qu’il y avait une place pour l’excellence, la discipline et l’intégrité dans le métier que nous avons choisi d’exercer ».

Pour la productrice nigériane Mo Abudu, la patronne du groupe audiovisuel Ebony qui a récemment pris part au Sommet Lumière, « Oncle Olu était bien plus qu’un acteur extraordinaire ». « C’était une présence, une voix et un maître dans son art. De la scène au cinéma et à la télévision nigérians, puis sur les écrans internationaux, il a su insuffler une profondeur, une dignité et une humanité rares à chaque rôle qu’il a incarné », souligne-t-elle sur ses réseaux sociaux.

Source : France info

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