La plupart des migrants qui étaient entrés à Ceuta fin juillet sont retournés au Maroc dans les heures qui ont suivi leur arrivée. Mais certains sont restés plusieurs semaines, obligeant le gouvernement espagnol à distinguer ceux qui avaient droit à l’asile de ceux qui ne pouvaient y prétendre.
Plus de 5 300 des migrants restés à Ceuta après les entrées massives de juillet sont retournés au Maroc en l’espace d’un mois, a assuré, dimanche 13 septembre, le gouvernement espagnol. Angel Victor Torres, ministre chargé de piloter la réponse du gouvernement, a déclaré dans une vidéo publiée sur les réseaux sociaux que 5 321 personnes étaient « rentrées volontairement » au Maroc depuis le 10 août. « Ces dernières semaines, nous avons mis à disposition 4 500 places avec le gouvernement espagnol, plus de 5 300 personnes sont rentrées volontairement [dans leur pays d’origine] et près d’une centaine a renoncé à l’asile », a-t-il développé.
La majorité des plus de 70 000 migrants qui étaient entrés à Ceuta les 30 et 31 juillet sont retournés au Maroc dans les heures qui ont suivi leur arrivée. Plusieurs milliers sont toutefois restés à Ceuta, où la situation s’est depuis dégradée, donnant lieu à des épisodes de violence et à des manifestations quasi quotidiennes de la population locale, qui réclame un retour à la normale.
Des incertitudes sur le nombre de migrants toujours à Ceuta
Le gouvernement espagnol a dû identifier les milliers de migrants qui sont restés plusieurs semaines, afin de vérifier s’ils avaient droit à l’asile, tandis que les enfants non accompagnés ne peuvent pas être expulsés sommairement. Quatre-vingt-dix personnes ont « renoncé » à leur demande de protection internationale et « près de 1 000 personnes sont en cours d’enregistrement dans le but de pouvoir finaliser leurs procédures de retour », a ajouté Angel Victor Torres. Le ministre n’a pas précisé combien de migrants restaient à Ceuta, un chiffre qui suscite constamment la controverse entre le gouvernement de gauche et la ville dirigée par les conservateurs.
Le ministère des Migrations a annoncé dimanche l’ouverture de 864 nouvelles places dans des centres d’hébergement provisoires, portant le total à environ 4 300, avec l’objectif d’atteindre 6 000 « dans un avenir proche ». Les critiques sur la rapidité avec laquelle les migrants sont renvoyés depuis ce territoire espagnol d’Afrique du Nord de 18,5 km², habité par environ 80 000 personnes, fragilisent le Premier ministre socialiste, Pedro Sanchez, à l’approche des élections de 2027.
Source : France info
