À côté du visage de Nelson Mandela, celui du prédécesseur d’Alassane Ouattara figure désormais sur une fresque murale de Ouagadougou dédiée aux héros du panafricanisme.
Laurent Gbagbo et les soutiens du régime d’Ibrahim Traoré ont-il adopté l’adage « les ennemis de mes ennemis sont mes amis » ? À mesure que le président ivoirien, Alassane Ouattara, est dénoncé dans le Burkina Faso « néosouverainiste » comme un suppôt présumé des supposés impérialistes occidentaux, son prédécesseur est en odeur de sainteté du côté de Ouagadougou. Le « christ de Mama » figure désormais sur une fresque murale intitulée « Panthéon ».
L’ancien chef d’État ivoirien apparaît au milieu de personnalités comme le Guinéen Ahmed Sékou Touré, le Congolais Patrice Lumumba, le Sud-Africain Nelson Mandela ou encore le Ghanéen Kwame Nkrumah. Les auteurs de la fresque évoquent le statut d’intellectuel de l’Ivoirien, de même que son parcours d’opposant historique à Félix Houphouët-Boigny.
Dans un Faso qui ne manque jamais de mettre à l’index des autorités françaises présumées auteures de manigances contre la souveraineté africaine, le rôle de la force française Licorne dans l’épisode de l’arrestation de Laurent Gbagbo, le 11 avril 2011 à Abidjan, donne du grain à moudre aux révolutionnaires du Sahel.
Retour en grâce
Si le Burkina de Blaise Compaoré contestait l’ancien président ivoirien, au début des années 2000, l’affection témoignée par le Faso actuel est aussi un renvoi d’ascenseur. À l’occasion du premier Congrès ordinaire du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), les responsables de la formation politique de Gbagbo avaient adopté une motion de soutien à l’Alliance des États du Sahel (AES). Le texte félicitait les dirigeants de la confédération pour leur engagement en faveur du souverainisme panafricaniste, et dénonçait, dans leur sillage, des « actions terroristes fomentées par les puissances impérialistes ».
Source : Jeune Afrique
