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Littérature/ D’Houphouët à Ouattara: ‘’Cinq destins au terminus’’, un livre sur les 5 dirigeants de la Côte d’Ivoire

Dans ‘’Cinq destins au terminus’’, Yaya Fofana, homme politique, président du Mouvement des Forces d’Avenir (MFA), propose une réflexion politique et morale sur les cinq présidents de la Côte d’Ivoire, Félix Houphouët-Boigny, Henri Konan Bédié, Robert Guéï, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. Loin du procès partisan, l’ouvrage cherche à tirer de leurs trajectoires des leçons […]

Dans ‘’Cinq destins au terminus’’, Yaya Fofana, homme politique, président du Mouvement des Forces d’Avenir (MFA), propose une réflexion politique et morale sur les cinq présidents de la Côte d’Ivoire, Félix Houphouët-Boigny, Henri Konan Bédié, Robert Guéï, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. Loin du procès partisan, l’ouvrage cherche à tirer de leurs trajectoires des leçons pour l’avenir de la République.

Tout pouvoir a une fin. C’est autour de cette idée simple, mais exigeante, que se construit ‘’Cinq destins au terminus’’, le nouvel essai de Yaya Fofana consacré aux cinq figures qui ont occupé le sommet de l’Etat ivoirien depuis l’indépendance : Félix Houphouët-Boigny, Henri Konan Bédié, Robert Guéï, Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara.

L’ouvrage ne se veut ni un tribunal ni un mausolée. Il ne distribue ni couronnes définitives ni condamnations sans appel. Son ambition est plutôt de relire cinq parcours présidentiels comme autant d’écoles du pouvoir afin d’en dégager des enseignements politiques, moraux et institutionnels.

A travers Félix Houphouët-Boigny, le livre interroge la patience du fondateur, la construction de l’Etat, le choix de la stabilité et les limites d’un pouvoir fortement personnalisé. Le premier président ivoirien apparaît comme une figure centrale de la mémoire nationale dont l’héritage reste à la fois fondateur et ambivalent.

Henri Konan Bédié est abordé sous l’angle de la succession et du poids des mots. Yaya Fofana montre combien il est difficile de venir après un fondateur, surtout dans un pays où les institutions sont encore en apprentissage. Sa trajectoire rappelle que la parole politique, lorsqu’elle vient du sommet de l’Etat, peut rassembler mais aussi durablement diviser.

Robert Guéï incarne la tentation du raccourci. Son passage au pouvoir sert d’avertissement contre l’illusion selon laquelle une rupture brutale, notamment militaire, peut régler durablement les crises politiques. Le livre insiste sur la nécessité de préserver la frontière entre l’armée et la vie civile.

Avec Laurent Gbagbo, l’auteur examine la force de la conviction. Opposant historique, tribun politique, homme de combat et de fidélité à ses idées, il incarne une forme d’endurance politique rare. Mais l’ouvrage souligne également que la conviction, lorsqu’elle n’est pas accompagnée de mesure, peut devenir un piège pour celui qui gouverne et pour la nation elle-même.

Enfin, Alassane Ouattara est présenté comme une trajectoire encore ouverte. Le livre reconnaît la place de la reconstruction matérielle, de la relance économique et de la stabilisation institutionnelle dans son parcours. Mais il insiste surtout sur le défi majeur qui demeure, celui de la sortie du pouvoir. Pour Yaya Fofana, c’est souvent dans la manière de partir que se fixe la mémoire définitive d’un règne.

Au-delà des portraits, ‘’Cinq destins au terminus’’ est une méditation sur la République ivoirienne. Yaya Fofana y aborde les institutions, la mémoire nationale, la paix civile, la jeunesse, les femmes, la diaspora, la presse, la foi et l’éthique publique. Le livre invite à dépasser les lectures partisanes pour entrer dans une compréhension plus exigeante de l’histoire politique nationale.

Son message central est que le pouvoir ne doit jamais être pensé comme une possession éternelle. Il est une responsabilité provisoire exercée devant le peuple, devant les institutions et devant l’histoire. Chaque dirigeant reçoit un pays qu’il n’a pas créé seul et qu’il devra, tôt ou tard, remettre à d’autres.

Par son ton littéraire, analytique et pédagogique, l’ouvrage cherche à parler autant aux citoyens qu’aux cadres politiques, aux étudiants, aux journalistes et aux observateurs de la vie publique. Il ne demande pas au lecteur d’aimer ou de détester les cinq figures étudiées. Il lui demande plutôt de réfléchir à ce que leurs parcours disent de la Côte d’Ivoire, de ses blessures, de ses grandeurs et de ses défis.

‘’Cinq destins au terminus’’ plaide ainsi pour une République de maturité, une République capable de reconnaître les apports sans taire les fautes, de se souvenir sans se venger, de débattre sans se détruire et de préparer l’avenir sans rester prisonnière des querelles du passé.

En refermant ce livre, une conviction s’impose. La Côte d’Ivoire ne manque pas seulement d’histoires politiques à raconter. Elle a surtout besoin de leçons à transmettre. Et c’est précisément ce travail de transmission que Yaya Fofana entreprend en rappelant que la grandeur d’un pouvoir se juge aussi, et peut-être surtout, à la dignité de son terminus.

Moctar O.

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