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Côte d’Ivoire/ Vague de décès au sein du vieux parti :Durement touché, le PDCI ne veut pas rompre

Entre 2023 et 2026, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) a perdu six (6) de ses leaders et non des moindres. De Henri Konan Bédié hier, à Alphonse Djédjé Mady aujourd’hui, en passant par de grandes figures de l’ancien parti unique, la formation politique portée sur les fonts baptismaux par Félix Houphouët-Boigny a été […]

Entre 2023 et 2026, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) a perdu six (6) de ses leaders et non des moindres. De Henri Konan Bédié hier, à Alphonse Djédjé Mady aujourd’hui, en passant par de grandes figures de l’ancien parti unique, la formation politique portée sur les fonts baptismaux par Félix Houphouët-Boigny a été très éprouvée. En plus des épreuves que lui impose la nature, le parti doyen est aussi secoué politiquement de l’intérieur. Malgré tout, le parti de Tidjane Thiam entend plier sans rompre. Comme un roseau. Jusqu’à quand ?

Vidé de ses bras séculiers qui ont décidé de déposer leurs valises au Rassemblement des Houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) d’Alassane Ouattara après l’échec du parti unifié, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) tentait de faire son bonhomme de chemin. Jusqu’à ce que le sort décide de s’abattre sur lui.

Alors que le parti se cherchait, comme on le dit ici en Côte d’Ivoire, le 1er août 2023, l’on apprenait le décès de l’ancien Président de la République, Henri Konan Bédié à 89 ans, par ailleurs président du PDCI-RDA. Aussitôt, la célébration du 63e anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire, prévue pour le 7 août a été annulée. Ancien chef d’Etat, tout le pays tentait d’essuyer les larmes qu’est intervenu un autre décès majeur. Celui du général Gaston Ouassénan Koné, survenu une semaine après, le 8 août 2023. En plus d’avoir été ministre de la République, Ouassénan Koné est celui qui a monté le drapeau ivoirien à la place du drapeau français le 7 août 1960. Ce rôle a fait de lui une personnalité qui a marqué l’histoire politique de la Côte d’Ivoire. Si la Nation se remettait à couler des larmes, le PDCI lui, en souffrait encore plus. Puisqu’un autre leader du parti venait de se retirer à jamais de la scène politique. Le Professeur Cowppli-Bony, choisi pour organiser la plus ancienne formation politique ivoirienne après le décès de son président Henri Konan Bédié jouera son rôle en organisant des élections qui verront Tidjane Thiam accéder non sans grincements de dents, à la tête du PDCI. Ce travail accompli, l’ancien président par intérim et président honoraire s’éteindra le 6 mai 2025 à l’âge de 93 ans.  Dix (10) mois environ après sa disparition, Léopoldine Tiézan Coffie, vice-présidente du PDCI, ancienne ministre d’Houphouët-Boigny et l’une des figures féminines marquantes de l’histoire de ce parti, abandonne le combat politique. Dans la nuit du 5 au 6 février 2026, l’ancienne présidente des femmes du PDCI décède dans sa 76e année.

La loi de la nature

Le PDCI n’était pourtant pas au bout de ses peines. Six (6) mois plus tard, une autre figure importante de la vieille garde se couche à jamais. Emile Constant Bombet, ancien préfet devenu ministre de l’Intérieur dans les derniers instants d’Houphouët-Boigny puis qui s’est plus affirmé sous le Président Henri Konan Bédié a rendu l’âme le 22 juillet 2026 à 85 ans, alors que nommé vice-président de son parti, il était actif aux côtés de la jeune génération dans sa volonté de la reconquête du pouvoir d’Etat. Si lui Bombet semblait encore au four et au moulin, le Professeur Alphonse Djédjé Mady n’était plus au-devant de la scène politique de son parti depuis qu’il a cessé d’en être le secrétaire général en 2013 après sa désignation en 2002 par Henri Konan Bédié. Mais de façon générale, l’ex-ministre de la Santé d’Houphouët, depuis sa double défaite aux élections du Conseil régional du Haut-Sassandra en 2023 puis aux dernières législatives du 27 décembre 2025 à Saïoua « est resté dans son coin ». Jusqu’à son décès, le 23 août 2026 à l’âge de 81 ans, un mois jour pour jour après celui d’Emile Constant Bombet. Le baobab et homme affable qu’était Mady s’étant affaissé, on croyait que la série noire au PDCI s’arrêterait. Que non ! Deux jours seulement après l’annonce de sa disparition, l’on apprenait celle d’un autre ancien de l’ère Houphouët-Boigny. Yaya Ouattara, ancien ministre des Affaires sociales et grande figure du PDCI dans le district du Zanzan des années 80 est décédé le 25 août 2026 dans sa 87e année. Moins impliqué depuis de longues années dans la gestion quotidienne de l’ancien parti unique, Yaya Ouattara n’est pas moins un inspirateur secret de la nouvelle génération. Laquelle génération, au regard des réalités, a décidé de reconnaître les mérites des anciens avant l’heure de vérité imposée par le Tout Puissant. C’est pourquoi, elle a rendu visite à un autre ancien du PDCI en la personne de l’ancien ministre de la Marine de Félix Houphouët-Boigny, Mohamed Lamine Fadiga. Comme pour lui rendre hommage avant qu’il ne soit trop tard.

Refuser de ‘’mourir’’

En dépit de ces pertes, cette nouvelle génération ne veut pas baisser les bras. Face aux défis qui l’attendent, celle-ci, menée par Tidjane Thiam, hors du pays depuis des années, entend rebondir. Le PDCI avec à sa tête le secrétaire exécutif (S.E), l’ancien ministre Calice Yapo, remobilise ses troupes. Cette année 2026, le vieux parti fête ses 80 ans d’existence. Le S.E qui gère au quotidien la formation politique, a alors entrepris de célébrer ses moments marquants de l’histoire du parti créé par Houphouët-Boigny par des rassemblements tournants dans tout le pays. Ainsi, après Abidjan le jeudi 9 avril 2026 puis Yamoussoukro et Abengourou ensuite, le PDCI était le samedi 27 juin 2026 à Bouaké et à Daloa le 8 août 2026 au lieu du 25 juillet comme initialement annoncé. Report dû au décès d’Emile Constant Bombet, le 22 juillet 2026. En attendant l’étape de Korhogo au nord du pays, le 12 septembre 2026.

On le voit, le parti octogénaire ne veut pas ‘’mourir’’ en dépit des manœuvres politiques existantes entre formations politiques de l’opposition et pouvoirs en place. Au-delà, miné par des querelles intestines avec des démêlés judiciaires qui s’enchaînent, des problèmes de personnes et un déficit de management, le PDCI gagnerait à taire les dissensions et à travailler à l’unité en son sein. De la nomination d’Emou Sylvestre à celle de Yapo Calice, des mises à l’écart de Maurice Kacou Guikahué, un autre baron et de Jean-Louis Billon, important soutien financier du parti, la doyenne des formations politiques ivoiriennes laisse comprendre qu’il y a problème en son sein. Des obstacles qu’il faudra surmonter pour prétendre à la reconquête du pouvoir d’Etat.

Ouattara Abdoul Karim

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