Le pagne tissé a réuni plusieurs secteurs d’activités les vendredi 5 et samedi 6 juin 2026 à Bouaké. Le Centre culturel Jacques Aka de la ville a accueilli, opérateurs économiques et culturels, artistes spécialistes et inventeurs de mode, se sont rencontrés pour partager des moments de partage autour d’un thème important pour la culture africaine.
« Le pagne tissé dans toute sa splendeur : quel impact pour l’économie locale ». Le thème choisi pour cette cérémonie a permis à Tokpa Louise Diby, commissaire générale du festival des arts et culture de Gbêkè (FACG), de ressortir l’importance de cette activité au plan culturel, social et économique dans la région de Gbêkè mais également sur toute l’étendue du territoire national fortement marqué par la tradition. La responsable du Groupement ivoirien du tissage traditionnel et de la confection (GITTCO Collection), organisateur dudit festival, a mis l’accent sur la valeur culturelle du pagne tissé mais surtout sur la richesse en termes de gain financier et l’employabilité de ce secteur d’activité. Dans son partage d’expérience, Mme Tokpa, originaire de la région de Gbêkè, a expliqué à l’auditoire comment le métier de tissage peut profiter économiquement aux jeunes et aux femmes de la région mais aussi de toutes nos contrées du pays.
« C’est un secteur porteur de richesses et d’emplois mais auquel les jeunes refusent de s’intéresser », a déploré Mme Tokpa.
« J’ai beaucoup de commandes que je n’arrive même pas à honorer », s’est-elle indignée devant l’indifférence des jeunes, rappelant qu’il y a de la place et des retombées financières à prendre dans le secteur du tissage. Invitant jeunes et femmes à s’intéresser au pagne tissé, très prisé par les acheteurs occidentaux qui en font la promotion au moment où peu d’Africains regardent vers l’Europe et les Etats-Unis. C’est pourquoi, la commissaire générale du FACG promet d’accompagner les jeunes et femmes de la région en créant un espace pour leur formation. Un site est déjà réservé pour la formation dans un premier temps, de 27 femmes dans le tissage en attendant d’autres qui seraient intéressées par cette activité créatrice de revenus.

Mme Tokpa est soutenue dans son action par la Confédération patronale unique des Petites et Moyennes Entreprises de Côte d’Ivoire (CPU-PME CI) avec à sa tête le Docteur Diomandé Moussa Elias Farakhan. Présent à cette cérémonie avec une délégation de 7 personnes, le président de la CPU-PME CI a au nom de la Confédération du secteur privé, remercié Mme Tokpa et les autorités administratives et politiques de la ville de Bouaké pour le soutien en termes de conseil et d’accompagnement à chaque fois que besoin s’est fait sentir et surtout pour l’organisation d’un tel festival qui, selon lui, donne à Bouaké, à la Côte d’Ivoire et à l’Afrique, la place qui est la leur dans un monde qui prend sa source dans les valeurs culturelles. Parlant du Festival des arts et culture de Gbêkè, Dr Diomandé a salué le choix de la deuxième ville ivoirienne pour l’organisation d’un tel évènement.
« Bouaké nous tient véritablement à cœur. Sur le plan économique, après Abidjan, Bouaké se positionne comme une ville, de par son histoire et sa géographie, qui compte pour la Côte d’Ivoire. Ce festival n’est pas seulement celui de Mme Tokpa mais plutôt celui de tous nos parents de la région de Gbêkè et de toutes les régions du pays. L’art et la culture en général, la couture ou le tissage, la poterie sont des métiers nobles qu’il faut encourager », s’est longuement exprimé Dr Diomandé, invitant les jeunes à prendre ces métiers au sérieux.
Le président de la CPU-PME CI a également promis de travailler avec Mme Tokpa et le ministère de la Culture et de la Francophonie pour intégrer le FACG dans le registre des festivals comme le FEMUA. « Cela est important pour nous parce qu’en termes de création d’emplois durables, ce festival se positionne comme un évènement qui prend une autre dimension et qui va au-delà de la Côte d’Ivoire. Il s’agit donc de l’internationaliser et permettre à nos jeunes d’avoir un requis et un savoir-faire », a déclaré Dr Diomandé.

La CPU-PME CI, c’est plus de 60 filières d’activités mais surtout une solidarité vis-à-vis de tous les membres de cette confédération comme c’était le cas, vendredi et samedi quand elle a été à Bouaké pour soutenir Mme Tokpa et GITTCO Collection dans le cadre de la tenue du Festival des arts et culture de Gbêkè avec une forte délégation venue d’Abidjan et des membres de Bouaké et d’autres villes de l’intérieur du pays.
La directrice régionale de la Culture, Bakayoko Maïmouna a salué un festival de référence en félicitant Mme Tokpa qui, selon elle, a fait ses preuves dans le tissage du pagne traditionnel. Pour la représentante de Françoise Remarck, la ministre de la Culture et de la Francophonie à cette rencontre, les regards ont désormais changé sur les métiers de l’art, à savoir la couture, la musique, les arts plastiques, etc. « Le pagne nous rattache à nos cultures. C’est pourquoi, le ministère s’engage à soutenir le FACG », a dit Bakayoko Maïmouna, exhortant les créateurs à structurer leurs entreprises au regard des marchés devenus de plus en plus compétitifs.
Comme elle, le directeur régional du Commerce et de l’Industrie, Fadiga Mamadou a salué l’initiative de Mme Tokpa, promettant que son ministère entend mettre tout en œuvre pour accompagner ses actions de développement.
Après la série d’allocutions, la directrice régionale de la Culture et de la Francophonie et son collègue du Commerce et de l’Industrie ont officiellement procédé à l’ouverture du festival par une coupure de ruban.
Fanny Ibrahima, le directeur du Centre de service civique a émerveillé l’assistance en expliquant le rôle de resocialisation et d’éducation de la structure qu’il dirige. Son collègue du Centre de réinsertion des mineurs a également salué le partenariat avec le GITTCO pour l’encadrement des apprenants.
O.A.K

