La presse économique locale peine traîne encore les pas en Côte d’Ivoire, un pays qui, pourtant, s’impose comme la locomotive économique de l’Union monétaire ouest-africaine (UEMOA). C’est pour briser ce paradoxe flagrant qu’Ahua Kouakou, rédacteur en chef du pôle magazines du groupe Fraternité Matin, a officiellement annoncé sa candidature à la présidence de l’Association ivoirienne des journalistes professionnels de l’économie et de la finance (AIPEF). En voulant succéder spirituellement à de grands noms du milieu comme Louis Amédé, Honorat De Yedagne ou d’autres devanciers, il propose un projet de rupture et de modernisation articulé autour de priorités réalistes.
S’armer par la formation pour décoder l’économie de demain
L’économie contemporaine change trop vite pour qu’on la raconte encore avec les grilles de lecture d’il y a quinze ans. Qu’il s’agisse des révolutions de la fintech, de la finance verte, de la gestion de la dette publique, des enjeux de la ZLECAF ou des fluctuations de la bourse, les lecteurs n’attendent plus de simples alignements de chiffres ou des rapports bruts sur le PIB. Ils cherchent du sens. Ahua Kouakou veut faire de l’AIPEF une école permanente de l’excellence. Selon lui, le journaliste économique de demain doit être capable de décrypter un budget étatique complexe tout en expliquant concrètement l’impact d’une mesure douanière ou tarifaire sur le quotidien des petites entreprises locales.

Reprendre la place légitime auprès des décideurs
Le constat toujours selon lui est implacable. Il en veut que lorsque le gouvernement, les institutions financières ou le patronat ivoirien souhaitent communiquer, ceux-ci préfèrent trop souvent s’adresser à des cabinets de communication privés plutôt qu’aux rédactions spécialisées. Pour inverser cette tendance, le candidat Kouakou entend transformer l’AIPEF en un interlocuteur incontournable et hautement crédible. Son programme prévoit la signature de partenariats stratégiques avec le ministère de l’Économie et des Finances, la Bourse régionale des valeurs mobilières et le Patronat. L’une de ses mesures phares consistera à lancer les Grands Rendez-vous de l’AIPEF, une tribune d’échange direct où les ministres et les grands dirigeants d’entreprises viendront répondre sans intermédiaire aux questions des journalistes.
Unir la corporation et célébrer le talent
Face à la précarité et aux pressions du secteur, le candidat insiste également sur l’importance de la solidarité. Un journaliste isolé est un professionnel vulnérable. En associant la sagesse des devanciers à l’enthousiasme des jeunes plumes, l’association bâtira un cadre solide de réflexion et d’entraide mutuelle. Pour couronner cette quête d’excellence, Ahua Kouakou prévoit la création du Prix AIPEF du journalisme économique. Ce rendez-vous annuel viendra récompenser la rigueur, l’indépendance et la finesse d’analyse des meilleures signatures du pays, tirant ainsi toute la profession vers le haut pour mieux éclairer les citoyens sur les grands choix économiques de la nation.
C.M

