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TRIBUNE/  Yaya Fofana appelle à un nouveau pacte social: ce qu’il dit d’Houphouët et de Ouattara

Les grandes nations ne sont pas seulement reconnues pour ce qu’elles construisent. Elles le sont surtout pour ce qu’elles parviennent à transmettre. Après avoir relevé le défi de la reconstruction, engagé une profonde modernisation de ses infrastructures et renforcé son attractivité économique, la Côte d’Ivoire est appelée à réussir un défi plus exigeant encore : […]

Les grandes nations ne sont pas seulement reconnues pour ce qu’elles construisent. Elles le sont surtout pour ce qu’elles parviennent à transmettre. Après avoir relevé le défi de la reconstruction, engagé une profonde modernisation de ses infrastructures et renforcé son attractivité économique, la Côte d’Ivoire est appelée à réussir un défi plus exigeant encore : transformer sa croissance en confiance et son développement en destin partagé.

Notre pays se trouve à un moment décisif de son histoire. Le temps est venu d’ouvrir une nouvelle étape, non pour remettre en cause les acquis obtenus, mais pour les consolider et leur donner une portée plus humaine, plus sociale et plus républicaine.

Lorsque le débat public évoque un « contrat social » ou un « pacte social », il ne s’agit pas d’une simple divergence de vocabulaire. Ces expressions traduisent une même aspiration nationale, celle de renforcer le lien entre l’État, les institutions et les citoyens.

Car aucune croissance, aussi forte soit-elle, ne peut produire pleinement ses effets si elle ne s’accompagne pas d’un sentiment de justice, d’appartenance et de confiance partagée.

Le pacte social ne doit appartenir ni au pouvoir ni à l’opposition. Il doit devenir le patrimoine commun de toute la Nation.

Il ne constitue pas un simple programme politique ou une promesse supplémentaire. Il est un engagement moral entre la République et ses citoyens, fondé sur la confiance, la justice, la responsabilité, la solidarité et la recherche permanente de l’intérêt général.

Une République solide ne repose pas uniquement sur la force de ses institutions. Elle repose également sur l’adhésion volontaire des citoyens à un destin collectif.

Cette ambition trouve naturellement son inspiration dans l’héritage du Président Félix Houphouët-Boigny. Son génie politique fut d’avoir compris que la paix constituait le premier investissement d’une nation et que le dialogue demeurait le meilleur instrument de gouvernement.

L’houphouëtisme n’est pas une nostalgie du passé. Il est une philosophie politique profondément moderne qui place l’être humain au cœur du développement, la paix au cœur de l’action publique, le dialogue au cœur de la démocratie et le rassemblement au cœur de la construction nationale.

Plus qu’une mémoire, il demeure une méthode.

Il rappelle que l’autorité se renforce par l’écoute, que la stabilité se consolide par l’inclusion et que le développement n’a de véritable sens que lorsqu’il améliore concrètement la vie du plus grand nombre.

Sous l’impulsion du Président Alassane Ouattara, la Côte d’Ivoire a profondément transformé son économie et son territoire. Les routes, les ponts, les équipements publics, les investissements structurants et les performances économiques ont changé le visage du pays et renforcé sa place sur la scène africaine et internationale.

« Après la République des infrastructures doit venir la République de la confiance »

Ces avancées sont réelles. Elles constituent un patrimoine national qu’il convient de préserver, de valoriser et de consolider.

Mais les infrastructures, aussi essentielles soient-elles, ne doivent jamais être considérées comme une fin en soi. Elles doivent servir de socle à une prospérité partagée, à une plus grande justice sociale et à une société dans laquelle chaque citoyen se sent pleinement reconnu et associé au destin national.

La Côte d’Ivoire a réussi la première génération de son développement, celle des grands investissements, des infrastructures et de la modernisation économique.

Le défi des prochaines années est désormais celui d’une deuxième génération du développement.

La première génération a bâti les routes, les ponts, les ports, les écoles et les équipements publics. La deuxième devra bâtir la confiance, renforcer les institutions, promouvoir le capital humain, réduire les inégalités et consolider le sentiment d’appartenance nationale.

Après la République des infrastructures doit venir la République de la confiance.

Cette nouvelle étape repose sur une conviction simple. Le premier capital d’une nation n’est ni son sous-sol, ni ses ressources financières, ni même la qualité de ses infrastructures. Son premier capital demeure la confiance que les citoyens accordent à leur République.

Cette confiance est invisible, mais elle produit des effets concrets. Elle attire les investissements, stimule l’engagement citoyen, renforce les institutions, favorise la paix civile et nourrit le sentiment d’appartenance.

Lorsqu’elle grandit, tout un pays progresse avec elle. Lorsqu’elle s’érode, aucune performance économique ne peut durablement compenser son absence.

La confiance républicaine est ainsi le ciment invisible qui unit les citoyens à leurs institutions. Sans elle, la croissance perd une partie de sa force. Avec elle, le développement devient un projet partagé.

Le nouveau pacte social ivoirien doit donc reposer sur trois exigences majeures.

La première est celle de l’équité territoriale. Chaque région, chaque département, chaque commune et chaque village doivent pouvoir bénéficier des fruits du développement. Aucun territoire ne doit nourrir durablement le sentiment d’être oublié ou tenu à l’écart de la dynamique nationale.

La deuxième exigence est celle de la transmission générationnelle. La jeunesse ivoirienne représente la première richesse de notre pays. Elle ne demande ni privilèges ni compassion. Elle demande des possibilités réelles de formation, d’emploi, d’entrepreneuriat, de responsabilité et de participation à la conduite des affaires publiques.

Préparer la relève n’est pas seulement une nécessité démographique. C’est un devoir républicain.

La troisième exigence concerne la qualité des institutions. Une démocratie forte ne repose pas uniquement sur l’existence de règles. Elle repose également sur la confiance que ces règles inspirent.

Les institutions doivent être respectées parce qu’elles sont crédibles, impartiales et capables de garantir l’égalité de tous devant la République.

La stabilité politique ne se décrète pas. Elle se construit par la transparence, le dialogue, l’écoute et le respect mutuel.

Le pacte social doit également ouvrir la voie à une véritable République de la responsabilité.

La responsabilité de l’État envers les citoyens.

La responsabilité des dirigeants envers les institutions.

La responsabilité des acteurs politiques envers la paix et la cohésion nationale.

La responsabilité des citoyens envers la Nation.

La responsabilité de chaque génération envers celles qui lui succéderont.

Les droits fondent la citoyenneté. Les devoirs en assurent la pérennité.

Cette République de la responsabilité suppose que chacun accepte de dépasser les intérêts particuliers pour servir une ambition collective. Le pouvoir doit gouverner dans l’intérêt général. L’opposition doit proposer, contrôler et contribuer à l’amélioration de la démocratie. La société civile doit éclairer le débat public. Les citoyens doivent défendre les institutions tout en restant exigeants à leur égard.

Yaya Fofana, le président du MFA

Pour donner un contenu concret à cette ambition, trois initiatives structurantes pourraient être engagées.

La première serait l’organisation d’Assises nationales du pacte social réunissant les institutions, les partis politiques, les organisations de la société civile, les jeunes, les femmes, les acteurs économiques, les autorités traditionnelles et religieuses ainsi que les représentants des territoires.

Ces Assises permettraient de définir les bases d’un consensus durable sur les grands enjeux de la cohésion nationale.

La deuxième initiative serait la publication annuelle d’un rapport sur la cohésion nationale. Cet instrument permettrait d’évaluer les progrès accomplis en matière d’équité territoriale, d’inclusion sociale, de confiance citoyenne, de transmission générationnelle et de participation à la vie publique.

La troisième serait la création d’un cadre national consacré à la transmission générationnelle, chargé de préparer les futurs responsables, de valoriser les nouvelles compétences et de renforcer le dialogue entre les générations.

Ces propositions ne visent pas à multiplier les institutions. Elles cherchent à donner un visage concret au pacte social et à faire de la confiance une véritable politique publique.

Par son expérience, sa stabilité et son dynamisme économique, la Côte d’Ivoire possède aujourd’hui les atouts nécessaires pour ouvrir une nouvelle voie sur le continent.

Dans une Afrique en quête de modèles durables, elle peut démontrer qu’il est possible de concilier croissance économique, dialogue politique, justice sociale, stabilité institutionnelle et cohésion nationale.

Elle peut devenir une référence africaine d’un développement qui ne se contente pas de produire de la richesse, mais qui renforce également la confiance, la dignité et le sentiment d’appartenance.

Chaque génération écrit un chapitre de l’histoire nationale. Certaines bâtissent les infrastructures. D’autres consolident les institutions. Les plus grandes réussissent les deux.

« Les infrastructures bâtissent un pays. La confiance bâtit une République »

Le Président Félix Houphouët-Boigny a offert à la Côte d’Ivoire la paix comme fondation et le dialogue comme méthode. Le Président Alassane Ouattara a profondément modernisé le pays, renforcé ses infrastructures et consolidé son attractivité économique.

Le défi de notre temps est désormais de préserver ces acquis tout en ouvrant une nouvelle étape fondée sur la confiance, l’équité, la responsabilité et la transmission.

Les infrastructures bâtissent un pays. La confiance bâtit une République.

Les élections désignent des dirigeants. Seul le pacte social construit durablement une Nation.

La véritable grandeur d’un État ne réside pas uniquement dans les ouvrages qu’il réalise, mais dans la confiance qu’il inspire et dans l’espérance qu’il transmet aux générations futures.

Le véritable héritage d’une génération ne se mesure pas seulement aux ouvrages qu’elle inaugure, mais à la confiance qu’elle laisse en partage.

Les ponts relient les territoires. La confiance unit les citoyens.

Les routes rapprochent les villes. Le pacte social rapproche les générations.

C’est ainsi que se bâtissent les nations qui traversent le temps.

La Côte d’Ivoire dispose aujourd’hui de toutes les ressources humaines, économiques et institutionnelles pour écrire un nouveau chapitre de son histoire. Celui d’une Nation qui ne se contente plus de croître, mais qui choisit également de rassembler. Celui d’une République qui fait de la confiance le moteur de son développement, de la responsabilité le fondement de sa gouvernance et de la transmission l’une de ses plus grandes priorités.

C’est à cette condition que notre pays poursuivra sa marche vers une prospérité durable, une stabilité exemplaire et un avenir partagé, fidèle à son histoire et résolument tourné vers les défis du XXIᵉ siècle.

Fait à Abidjan, le 17 juillet 2026

Yaya Fofana

Président du Mouvement des Forces d’Avenir (MFA)

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