• Home  
  • En pleine crise de la dette, le Sénégal conclut enfin un accord avec le FMI
- AFRIQUE - INTERNATIONAL

En pleine crise de la dette, le Sénégal conclut enfin un accord avec le FMI

L’Etat sénégalais n’a plus accès au marché international depuis deux ans et la révélation d’une « dette cachée » de 7 milliards de dollars Les faits – Le Fonds monétaire international va prêter 2,2 milliards de dollars au Sénégal pour appuyer un « programme de réformes économiques et financières ». Le détail des réformes n’a pas été dévoilé. L’accord […]

L’Etat sénégalais n’a plus accès au marché international depuis deux ans et la révélation d’une « dette cachée » de 7 milliards de dollars

Les faits – Le Fonds monétaire international va prêter 2,2 milliards de dollars au Sénégal pour appuyer un « programme de réformes économiques et financières ». Le détail des réformes n’a pas été dévoilé. L’accord a suscité les critiques du chantre du souverainisme Ousmane Sonko, ex-allié du président Bassirou Diomaye Faye.

Est-ce que le Sénégal va finalement voir le bout du tunnel dans sa crise de la dette ? Mardi 1er septembre, le Fonds monétaire international (FMI) et Dakar sont tombés d’accord, après des mois de discussions. L’institution internationale va accorder un prêt de 2,2 milliards de dollars, dans le cadre d’une « facilité élargie de crédit » (FEC), à l’Etat sénégalais « afin d’appuyer le programme de réformes économiques et financières des autorités pour la période 2026–29 », selon un communiqué du FMI. La direction et le conseil d’administration de ce dernier doivent encore valider l’accord.

Ces réformes « visent à rétablir la viabilité des finances publiques tout en protégeant les ménages vulnérables », précise le document. Il faut dire que le Sénégal revient de loin. Début 2024, Bassirou Diomaye Faye remporte l’élection présidentielle, après une crise politique de plusieurs mois, et son puissant allié Ousmane Sonko devient son Premier ministre.

Les deux hommes mettent un terme à douze années de présidence de Macky Sall, malgré les manœuvres de ce dernier pour prolonger son mandat, contrées par un vaste mouvement populaire. Bassirou Diomaye Faye est élu avec près de 54 % des voix.

Fin 2024, les nouvelles autorités sénégalaises annoncent avoir découvert une « dette cachée » de près de 7 milliards de dollars, qui a ensuite été confirmée par le FMI. La dette publique bondit alors à 132 % du PIB, selon Dakar et le FMI. Malgré la croissance soutenue des années précédentes, le pays plonge ainsi dans une grave crise de la dette, alors que les agences de notation dégradent la note souveraine. Le précédent programme du FMI, de 1,8 milliard de dollars, et conclu en 2023, est suspendu.

Un « divorce politique » qui pourrait avoir favorisé l’accord

Résultat, depuis deux ans, faute de confiance de la part des marchés internationaux, l’Etat sénégalais a été contraint de se financer auprès du marché régional de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa). Malgré des discussions, le Sénégal ne parvient pas à obtenir un nouveau financement du FMI.

Chantre du souverainisme, le chef du gouvernement Ousmane Sonko avait notamment critiqué les conditions posées par l’institution. Il avait notamment exclu toute restructuration de la dette.

Mais, en mai 2026, Bassirou Diomaye Faye démet de ses fonctions de Premier ministre, son désormais ex-allié. Ce « divorce politique » pourrait avoir favorisé la conclusion d’un accord avec le FMI, Bassirou Diomaye Faye étant jugé plus conciliant. « Pour avoir participé pendant de longs mois à ces discussions et en connaître certaines orientations qui ne reproduisent que les erreurs du passé, j’en appelle à la transparence absolue », a d’ailleurs réagi Ousmane Sonko, sur X, immédiatement après l’annonce de l’accord avec le FMI.

Le détail des réformes prévues par l’accord n’a en effet pas été dévoilé. Le FMI indique qu’elles doivent mener à « un assainissement durable » de la stratégie budgétaire. L’institution évoque quelques mesures classiques de « renforcement » de « la mobilisation des recettes intérieures », une meilleure gouvernance budgétaire, ou encore une amélioration de l’environnement des affaires.

« Ce financement accompagne une nouvelle stratégie, qui doit aller vers la soutenabilité de la dette. Et il constitue un catalyseur pour que d’autres acteurs internationaux acceptent à nouveau de financer l’Etat sénégalais », estime Abdoulaye Ndiaye, professeur d’économie à la New York University.

Une croissance de 6,7% en 2025

Le FMI a mené en juin une mission dans le pays. « L’équipe a salué l’engagement continu des autorités ainsi que leur volonté de remédier aux vulnérabilités révélées par la communication passée de données erronées, notamment par des réformes visant à renforcer la gestion des finances publiques, la gouvernance budgétaire et la transparence », avait alors salué la cheffe de mission, Vera Martin, dans un communiqué.

Le Sénégal va rapidement s’atteler à regagner la confiance de ses partenaires et créanciers. « Avec la dynamique initiée par le financement du FMI, le Sénégal va désormais devoir engager des discussions avec les partenaires multilatéraux et bilatéraux, comme la Chine et la France, pour évoquer une nouvelle base d’endettement », anticipe Abdoulaye Ndiaye

Tout le défi va se trouver dans le délicat équilibre à trouver pour assainir les finances publiques sénégalaises sans entraver les performances économiques du pays. Selon le FMI, la croissance du PIB sénégalais a atteint 6,7% en 2025, portée par le lancement récent de la production d’hydrocarbures.

Source : L’Opinion.fr

Leave a comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

La Bonne Info Ci  © 2026. Tous Droits Reservés.